Christophe Chazalon
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Expositions et installations de Chris Marker

Les expositions relatives au travail de Chris Marker sont de deux ordres : d'une part les installations vidéos et d'autre part les photographies.
Le site le plus intéressant à ce jour listant en particulier les expositions de Chris Marker n'est autre que celui d'un de ses principaux exposants, à savoir la Peter Blum Gallery de New York.

Ce qui nous intéresse ici, ce ne sont pas à proprement parler les "expositions", mais bien plutôt le contenu de ces expositions, à savoir les installations et les séries de photographies, auxquelles on ajoutera les oeuvres des mondes virtuels.
Enfin, un certain nombre de photographies et d'installations sont en vente sur le site de la Peter Blum Gallery.

Installations vidéo

1978 - Quand le siècle a pris forme: guerre et révolution
Commande réalisée pour le Centre Georges Pompidou de Paris, à l'occasion de l'exposition Paris-Berlin, 1900-1933: rapport et contrastes France Allemagne, tenue du 12 juillet au 6 novembre 1978, cette installation consiste en une diffusion vidéo de 15 minutes sur un mur multi-écrans, ces derniers étant désynchronisés de 2 minutes par groupe.
Cliquez pour agrandir l'imageMalheureusement achevée trop tard, cette installation n'a pu être intégrée aux catalogues de l'exposition. Le Centre Georges Pompidou conserve néanmoins un dossier de production relativement dense. Il comprend les différents documents administratifs, contrats et droits pour les extraits de films utilisés par Marker etc., mais pas d'image ou de reproduction de l'installation.
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Malgré nos recherches et l'aide précieuse de nos "amis", ucune image (et aucun plan) de cette installation n'a malheureusement été retrouvée. Seule les archives de Chris Marker déposées à la Cinémathèque (mais dont l'inventaire sera achevé sans aucun doute aux calendes grecques) sont susceptibles de conserver une trace visuelle de Quand le siècle a pris forme. Patience donc!
Cliquez pour agrandir l'imageCependant, à l'occasion de la rétrospective "Planète Marker" qui s'est tenue en automne 2013 au Centre Pompidou, Catherine van Assche a tenté d'établir un schéma de l'installation d'après les documents conservés dans les archives du Centre (ci-dessous). Certains émettent quelques réserves quant à ce schéma, interprétant différemment les mêmes documents. Seules des personnes ayant vu cette installation à l'époque de l'exposition Paris / Berlin seraient donc en mesure de trancher.
En effet, cette installation multimédia a été co-réalisée avec l'informaticien de l'image François Helt, développeur de programmes graphiques sur Apple II dès les années 70, qui permit à Marker de découvrir les possibilités techniques de cette machine que dès lors Marker exploitera dans de très nombreux films et projets artistiques. François Helt se souvient de ses rencontres avec Marker, à l'occasion s'un séminaire intitulé "La passion du développement", qui s'est tenu le mardi 10 janvier 2012 à l'Institut National d'Histoire de l'Art (début 08:41) et précise son rôle, qui consista à colorisé les images de films d'archives des années 1900-1930, sur un Spectron.
Les extraits de films d'archives ont été sélectionnés avec soin dans trois archives cinématographiques distinctes, dont celles de Gaumont Pathé Archives (voir pdf, ci-dessous), source que l'on peut encore préciser en consultant leur site web.
Quand le siècle à pris forme - Sélection à Gaumont Pathé Archives
La vidéo Quand le siècle a pris forme est visionnable dans l'hommage du Centre Pompidou du 18 mars 2013, consultable ici: "Chris Marker. De Quand le siècle a pris forme à Gorgomancy" (début: 22'27 min.).

Cartel développé - Centre Georges Pompidou (Christine Van Assche)
Quand le Siècle a pris  formes (Guerre et Révolution), 1978
Chris Marker,
en association avec François Helt
musique de Hanns Eisler
Projection vidéo d'après installation multimédia
Edition 1/1  (Copie d'exposition)
Bande vidéo U Matic, couleur, son, 15 min.
Collection Centre Pompidou, MNAM, Service Nouveaux Médias, AM 1989-728.
Quand le Siècle a pris formes est un montage d'évènements des premières trente années du XXe siècle, des «repères sensibles», selon les écrits de Marker, traités délibérément dans le langage du cinéma d'alors (actualités, ciné-œil, cinéma muet, documents et éléments de films de fiction).  Des films issus des archives de la Première Guerre, les révolutions allemandes et russes, ainsi que l'après-guerre, défilent entrecoupés de textes.
Les séquences sont colorisées plan par plan par un synthétiseur, le Spectron, et connotent le pays auquel elles se réfèrent: brun pour l'Allemagne, rouge pour la Russie, bleu claire derrière la ligne de front en France. L'ensemble est rythmé par une musique « d'époque » de Hanns Eisler.
Intitulée originellement Guerre et Révolution, l'installation a été produite et présentée pour la première fois dans la grande exposition pluridisciplinaire Paris – Berlin organisée au Centre Pompidou en 1978. Configurée à l'époque pour douze téléviseurs, disposés en quatre rangées superposés de trois postes, la bande vidéo y a été diffusé avec un décalage de trois secondes tous les deux moniteurs, créant ainsi «un dédoublement du rythme et de la perception».
Il ne s'agit pas tant d'une «leçon d'histoire» mais «d'isoler les éléments qui font de la fin de la Première Guerre Mondiale et de l'époque révolutionnaire le répertoire de presque tout ce qui a modifié la vision contemporaine du monde».


1990-1994 - Zapping Zone : Proposals in an Imaginary Television
Cliquez pour agrandir l'imageCréée pour l'exposition Passages de l'image tenue du 19 septembre 1990 au 13 janvier 1991 au Centre Georges Pompidou à Paris, il s'agit en fait d'une oeuvre évolutive puisque Chris Marker y travaille jusqu'en 1994, en ajoutant ou modifiant des vidéos (voir section "Filmographie").
Intitulée à l'origine Logiciel/Catacombes, Zapping Zone  est l'installation la plus importante et volumineuse par la forme. Elle est composée de 13 moniteurs vidéos couleur, 7 programmes sur disquettes informatiques, 20 photographies noir et blanc et couleur, 4 planches de 80 diapositives et 1 maneki neko.
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Dans sa description pour le catalogue de l'exposition, Raymond Bellour l'a définie avec justesse: "Zapping Zone est une supérette, un mini BHV savamment désorganisé, où chacun peut sinon tout trouver selon ses besoins, au moins voir s'afficher quelques-uns de ses désirs."
Cette installation a été restaurée sous l'égide d'Etienne Sandrin, et est encore régulièrement exposée dans différents musées et centres d'art de par le monde.

Cartel développé - Centre Georges Pompidou (Christine Van Assche)
Zapping Zone (Proposals for an Imaginary Television), 1990 - 1994
Installation multimédia
Edition 1/1  (Copie d'exposition)
13 moniteurs, 13 bandes vidéo, couleur, son (fr.), 7 ordinateurs, 7 programmes su disquette informatique, 20 photographies noir et blanc et couleur, 4 planches de 80 diapositives, 1 Maneki Neko.
Production et Collection Centre Pompidou, MNAM, Service Nouveaux Médias (Christine Van Assche) , AM 1990-160. (en cours de restauration)
Cette installation multimédia, composée d'une vingtaine d'écrans et d'un ensemble de photographies, occupe cette «Zone» où les modalités d'images et les sources se rencontrent: photo, cinéma, vidéo, banc-titre, animations, sons, et où le spectateur est invité à zapper d'un écran à l'autre, d'une image à une autre, à passer d'un souvenir à un autre.
Chris Marker propose aussi des passages entre des thèmes et des sujets qui font partie de sa mythologie personnelle: ses villes privilégiées (Berlin, San Francisco, Tokyo), ses amis  artistes (Christo, Matta, Tarkovski), ses animaux favoris (chat, chouette, élephant), des extraits de ses films (Sans Soleil, Le Joli Mai, L'Héritage de la chouette … ), des détournements de télévision (Détour Ceaucescu ….), des photographies de ses voyages ou des collages.
Zapping Zone (Proposals for an Imaginary Television) a été conçue pour l'exposition «Passages de l'image» au Centre Pompidou en 1990. Selon le titre, Marker propose ici au Musée un ensemble «hérissé dans tous les sens»  d'œuvres audiovisuelles et informatiques ne trouvant pas leur place sur les  chaînes de télévision. Le concept de «zone» est tiré entre autres du célèbre film Stalker d'Andreï Tarkovski. Marker écrira à propos de cette installation: […] «Ceux, dont je suis, qui pratiquent l'informatique naïve comme il y a des peintres naïfs, se contenteront de montrer des images, et quand leur naïveté aura parcouru plusieurs chemins (photos, collages, calligrammes, films, avant d'arriver à l'ordinateur), ils se risqueront à montrer quelques stations de leur itinéraire».
Bibliographie
  • * Jean-Michel FRODON, "Le Miroir aux images", Le Monde, n° n/a (24 septembre 1990), p. n/a
  • * François JONQUET, "Beaubourg, Zapping Zone", Le Quotidien, n/a (25 septembre 1990), p. n/a
  • * Thierry JOUSSE, "Au pays des hybrides", Cahiers du cinéma, n° 435 (septembre 1990), p. n/a
  • * Raymond BELLOUR, "Eloge en si mineur (Zapping Zone, 1990), dans Raymond BELLOUR, C. DAVID, C. van ASSCHE, Passage de l'image, Paris: Editions du Centre G. Pompidou, 1990, p. 169-171; traduction en anglais, dans BELLOUR, Catherine DAVID, Catherine van ASSCHE, Passage de l'image, Barcelone: Fundacio Caixa de Pensions, 1991, p. 190-194; traduction en allemand, dans Birgit KAMPER et Thomas TODE (dir.), Chris Marker, Filmessayist, Munich: Institut Français / CICIM, 1997, p. 129-134
  • * Jean-François CHEVRIER, Catherine DAVID, "Actualité de l'image", dans Raymond BELLOUR, C. DAVID, C. van ASSCHE, Passage de l'image, Paris: Editions du Centre G. Pompidou, 1990, p. 17-33; traduction en anglais, dans BELLOUR, Catherine DAVID, Catherine van ASSCHE, Passage de l'image, Barcelone: Fundacio Caixa de Pensions, 1991, p. 26-47
  • * Christine van ASSCHE, "De l'apport du vidéographique", dans Raymond BELLOUR, C. DAVID, C. van ASSCHE, Passage de l'image, Paris: Editions du Centre G. Pompidou, 1990, p. 71-76; traduction en anglais, dans BELLOUR, Catherine DAVID, Catherine van ASSCHE, Passage de l'image, Barcelone: Fundacio Caixa de Pensions, 1991, p. 96-101
  • * Christine van ASSCHE, "Zapping Zone. Proposals for an imaginary Television), 1990-1992", dans Christine van ASSCHE, Vidéo et après. La collection vidéo du Musée National d'Art Moderne, Paris: Centre G. Pompidou - Carré, 1992, p. n/a; traduction en allemand, dans  Birgit KAMPER et Thomas TODE (dir.), Chris Marker, Filmessayist, Munich: Institut Français / CICIM, 1997, p. 308-309


1995 - Silent Movie
Cliquez pour agrandir l'imageConçue et exposée pour la première fois au Wexner Center for the Arts de Columbus (Ohio), du 26 janvier au 9 avril 1995, en hommage aux cent ans du cinéma, Silent Movie est une installation vidéo multi-écrans.
Elle se compose de 5 moniteurs empilés et complétés d'un système informatique, permettant la diffusion simultanément des vidéos à des vitesses variables. Les images diffusées sont un mélange d'extraits de film et d'images-portraits de Catherine Belkhodja, protagoniste principale de Level 5, un film de Chris Marker qui sort en 1996. Elles sont regroupées suivant 5 thématiques (une par moniteur), à savoir, de haut en bas : The Journey, The Face, Captions, The Gesture, The Waltz.
L'installation est complétée d'une exposition de 10 affiches de cinéma fictives et de 18 photos extraites des films, ainsi que d'une bande sonore montée par Michel Krasna et diffusée sur des disques laser  de 20 minutes.
Un catalogue détaillé a été édité par le Wexner Center (voir la section "bibliographie").
Bibliographie
  • * Michel CIMENT, "Un jour à New York", Positif, n° 417 (novembre 1995), p. n/a
  • * Sherri GELDIN, "Forward and Acknowledgments", dans La Petite illustration cinématographique: Chris Marker, Silent Movie, Columbus (Ohio): Wexner Center for the Arts), 1995, p. 5-7
  • * Bill HORRIGAN, "Another Likeness", dans La Petite illustration cinématographique: Chris Marker, Silent Movie, Columbus (Ohio): Wexner Center for the Arts), 1995, p. 9-13
  • * Mikkel AALAND, "Chris Marker and the Frontier of Memory", Digital Creattivity, n° n/a (mars 1996), p. n/a
  • * E. L., "La Mémoire confiée au hasard", Libération, n° n/a (11 août 1997), p. n/a


1997 - Immemory One
Cliquez pour agrandir l'imageImmemory, c'est l'autobiographie de Chris Marker.
Produit par le Centre Georges Pompidou, le Musée National d'Art Moderne, le Service nouveaux media et Les Films de l'Astrophore, à Paris,  Nosferatu, à Helsinki, et le Centre pour l'image contemporaine de Saint-Gervais, à Genève, ce projet est au départ un cédérom, qui consiste en un immense assemblage de fragments (images, textes et son), que l'utilisateur peut parcourir à sa guise, recréant autant d'histoires (ou biographies) que de parcours.
Comme il le faisait dire par un des protagonistes de Sans Soleil: "la matière électronique est la seule qui puisse traiter le sentiment, la mémoire et l'imagination", mais plus encore c'est dans une interview au journal Libération que Chris Marker s'explique le mieux sur son choix d'un cédérom: "Non seulement le multimédia est un langage entièrement nouveau, mais c'est LE langage que j'attendais depuis que je suis né."
A l'occasion de sa sortie, le Centre Georges Pompidou en a profité pour proposer une "installation" composée de 3 ordinateurs Macintosh, d'un disque dur externe avec l'application Immemory et d'un chat mural peint (Guillaume-en-Egypte).
Un projet Roseware: collective work in progress never ending CD-Rom attenant a été développé  en 1998-1999 par Laurence Rassel, en collaboration avec les Ateliers des jeunes cinéastes, à Bruxelles, avec l'accord et la complicité de Chris Marker. Il s'agissait de reprendre l'ossature d'Immemory, vidée de tout contenu, et de l'offrir au public pour que ce dernier puisse la remplir avec ses propres documents, et ceci en parallèle de l'exposition de l'oeuvre de Marker. Une idée germée dans Sans soleil: "Enfin, je descendais dans la cave où mon copain le maniaque s'active devant ses graffiti électroniques. Au fond, son langage me touche parce qu'il s'adresse à cette part de nous qui s'obstine à dessiner des profils sur les murs des prisons. Une craie à suivre les contours de ce qui n'est pas, ou plus, ou pas encore. Une écriture dont chacun se servira pour composer sa propre liste des choses qui font battre le coeur, pour l'offrir, ou pour l'effacer. A ce moment-là, la poésie sera faite par tous, et il y aura des émeus dans la Zone."
Outre la possibilité de mieux comprendre l'approche de l'artiste, ce projet avait pour but de former le public au monde digital et au multimédia.

Cartel développé - Centre Georges Pompidou (Christine Van Assche)
Immemory One, 1997
Chris Marker
Installation multimédia
Edition 1/1 - 1 disque dur 34 Mo, 3 ordinateurs Macintosh,  chat papier plastifié, couleur, son (fr. et angl.)
Production Centre Pompidou/MNAM (Christine Van Assche), Les Films du Jeudi (Laurence Braunberger) et les Films de l'Astrophore (Françoise Widhoff).
Collection Centre Pompidou, MNAM, Service Nouveaux Médias. AM 1997-253.
Chris Marker a conçu Immemory d'abord comme un CD-Rom, ensuite comme une installation interactive, à partir de son patrimoine musical, textuel, photographique. «Mon hypothèse de travail était que toute mémoire un peu longue est plus structurée qu'il ne semble. Que des photos prises apparemment par hasard, des cartes postales choisies selon l'humeur du moment, à partir d'une certaine quantité commencent à dessiner un itinéraire, à cartographier le pays imaginaire qui s'étend au-dedans de nous».
Plusieurs années de travail ont permis de créer la structure composée de huit zones principales (cinéma, photo, guerre, poésie, mémoire, voyage, musée, X-Plugs), elles-mêmes décomposées en zones secondaires, le tout veillé par son célèbre chat Guillaume. Pour l'auteur, ce projet n'a cependant jamais constitué une autobiographie : «Je me suis autorisé toutes les dérives, mais quitte à étudier le fonctionnement de la mémoire, autant se servir de celle qu'on a toujours sur soi».  […] Mais mon vœu le plus cher est qu'il y ait ici assez de codes familiers (la photo de voyage, l'album de famille, l'animal-fétiche) pour qu'insensiblement le lecteur-visiteur substitue ses images aux miennes, ses souvenirs aux miens, et que mon Immémoire ait servi de tremplin à la sienne pour son propre pèlerinage dans le Temps Retrouvé».
Bibliographie
  • * Raymond BELLOUR, "Le livre à venir: les "bricolages" de Chris Marker", Le Monde, n° n/a (15 décembre 1994), p. n/a; "Le siècle du cinéma", Le Monde, n° n/a (janvier 1995), p. n/a; traduction en allemand, dans Birgit KAMPER et Thomas TODE (dir.), Chris Marker, Filmessayist, Munich: Institut Français / CICIM, 1997, p. 331-333
  • * Jean-Michel FRODON, "Voyage avec le chat Guillaume", Le Monde, n° n/a (04 juillet 1997), p. n/a
  • * Thierry JOUSSE, "Trois vidéos et un CD-ROM autour de Chris Marker", Cahiers du cinéma, n° 515 (juillet 1997), p. 6
  • * Paul SZTULMAN, "Chris Marker", dans Kurzführer (guide) Dokumenta X, [Ostfildern-Ruit]: Cantz, 1997, p. 142-143
  • Annick RIVOIRE, "Tranche d'immémoire. Un périple lumineux entre souvenir et oubli: Immemory, le CD-Rom du cinéaste Chris Marker, achevé depuis plus d'un an, est enfin mis en vente.", Libération, n° n/a (08 janvier 1999), p. n/a


2005 - Owls at Noon Prelude : The Hollow Men
Cliquez pour agrandir l'imageCette installation a été créée pour la Yoshiko and Akio Morita Gallery, dédiée aux Films et Médias, du Musée d'Art Modern de New York (MoMA), et ainsi exposée du 27 avril au 13 juin 2005.
Composée de 8 moniteurs alignés et d'un CD-Rom tournant en boucle d'une durée de 19 minutes, le sujet est inspiré par le poème "The Hollow Men (Les hommes creux)" écrit en 1925 par T. S. Elliot, et reflétant la dévastation engendrée par la Première Guerre mondiale en Europe. Dans Owls at Noon..., Marker "mélange ses méditations sur le poème avec des images de soldats blessés et des visages de mater dolorossa."
6 exemplaires supplémentaires de cette installation ont été créés, vendus par la Peter Blum Gallery de New York.
Un catalogue a été édité à l'occasion de l'exposition de Brisbane, en Australie (voir section "Bibliographie").

Séries de photographies

2004 - La Jetée : ciné-roman
Cliquez pour agrandir l'imageCette série de photographies numériques a été conçue dans le cadre de l'exposition collective Hard Light qui s'est tenue au P.S. 1 Contemporary Art Center du MoMA de New York, du 27 juin au 27 septembre 2004 et qui regroupait les oeuvres de 9 artistes travaillant sur le processus de construction narrative, avec un attachement particulier aux qualités de la lumière, en particulier la "lumière dure" qui contribue au développement du récit par fragmentation ou rupture, avec des ombres clairement définie.
L'oeuvre de Marker présentée ici consiste en la numérisation en haute-définition de chacune des pages d'un bloc-notes dans lequel Marker a décrit et esquissé les grandes lignes de ce qui allait être La Jetée (1962).
L'idée était que ces pages servent de fenêtre sur la construction d'un des récits les plus célèbres du cinéma exploratoires, un film d'anticipation à la structure innovante, devenu culte.


2006-2009 - Galerie de Sandor Krasna, sur Flickr
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De mars 2006 à mai 2009, Chris Marker crée une galerie sur le site web Flickr (www.flickr.com/photos/89096975@N00). Inscrit depuis mars 2005, sous le pseudo de Sandor Krasna (cf. Sans soleil), il donne profil suivant:
  • Ville d'origine: Kolozsvar [Roumanie]
  • Actuellement: Berkeley, USA
  • Je suis: un homme et célibataire
  • Profession: caméraman
Quant aux photographies, ce sont en tout pas moins de 83 clichés qui sont ainsi offerts au public, en libre accès. Ces photos, en noir et blanc, ont pour sujets des manifestations du 1er mai ou des actions à Paris contre la politique du gouvernement de Nicolas Sarkozy. Un certain nombre est retouché par l'entremise d'un logiciel informatique qui servira également pour la série Passengers  (2011).
Plusieurs de ces photos ont été éditées dans Bill Horrigan, "The Revenge of the Eye: a portfolio for Artforum", Artforum, n° 44/10 (été 2006), p. 310-315. Trois photographies non mises en ligne sur Flickr sont reproduites dans cet article. Elles servent également de prélude à l'exposition de photographies de Chris Marker, Starring Back, composée pour le Wexner Center for the Arts de Colombus (Ohio), dans les murs duquel la série a été exposée pour la première fois du 12 mai au 12 août 2007.

Galerie Sandor Krasna 1
Galerie Sandor Krasna 2


2007 - The Revenge of the Eye
Cliquez pour agrandir l'imageD'après l'article de Bill Horrigan paru dans Artforum, n° 44/10 (été), p. 313, il est dit à la fin du texte que The Revenge of the Eye sera exposée au Wexner Center for the Arts de Columbus (Ohio), du 27 janvier au 15 avril 2007. Il s'agit d'une série de photographies prises par Chris Marker pendant les manifestations à Paris au printemps 2007.
Il s'agit, en fait, de la première version de Staring Back, dont une partie a été mise sur Flickr, dans la galerie de Sandor Krasna (voir ci-dessus).


2007 - Staring Back
Cliquez pour agrandir l'imageCette série a été composée pour le Wexner Center for the Arts de Colombus (Ohio), dans les murs duquel elle a été exposée pour la première fois du 12 mai au 12 août 2007.
Elle consiste en un regroupement de 200 photographies noir et blanc sélectionnées par Chris Marker dans ses archives de 1952 à 2006. Elle forme un ensemble hétérogène et disparate, mais qui permet de voyager dans le temps à travers les différentes oeuvres et expéditions de l'auteur autour du globe. Composée pour l'essentiel de portraits (au sens large) qui sont autant de témoins des évènements politiques qui occupent une place prépondérante dans cette série.
Un catalogue a été publié à cette occasion, reproduisant les photographies, accompagné d'un commentaire sommaire (voir la section "bibliographie").
Staring Back est depuis régulièrement exposée de part le monde, dans son intégralité ou de façon fragmentaire.


2009 - Quelle heure est-elle?
Cliquez pour agrandir l'imageDeuxième collaboration avec la Peter Blum Gallery, "Quelle heure est-elle?" a été exposée du 16 mai au 31 juillet (prolongée jusqu'au 19 septembre) 2009.
Elle est composée de trois séries différentes de photographies : Koreans, Crush-Art et Quelle heure est-elle?, mélangeant en fait photographies, posters de films, cartes postales et deux installations vidéo, puisés dans les archives de Chris Marker de 1957 à 2009.
Koreans regroupent 51 images prises durant le voyage de Marker en Corée du Nord qui offre un regard non censuré sur l'état de la situation et la vie dans ce pays dévasté, quatre ans après la guerre.
Crush-Art consiste en une série de photos de magazine représentant des portraits de femmes qui ont été chiffonnés avant d'être scannés. Le résultat final obtenu est une série de portraits de fantômes froissés qui défie notre compréhension du temps et de la beauté.
Quelle heure est-elle? est un projet, alors en cours, de portraits de femmes saisies dans le métro à leur insu grâce à la caméra cachée d'une montre bracelet, entre 2004 et 2008. On en retrouve les germes dans Le dépays, dans lequel Marker décrit le plaisir qu'il a à photographier les gens dans le métro japonais, en particulier les dormeurs. En 2008, il réalisa un diaporama de photographies en noir et blanc prises dans le métro parisien. Intitulé Metrotopia, ce court métrage de 4'12 est visionnable sur Youtube, sous le pseudonyme de Kosinki.
Enfin, le projet est finalisé à travers l'exposition Passengers montée à la Peter Blum Gallery en 2011.
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2011 - Passengers
Cliquez pour agrandir l'image[Sur cette exposition, voir le texte dans l'onglet "Passengers", lié à cette page]

Toute dernière exposition en date de Chris Marker proposée par la Peter Blum Gallery de New York du 2 avril au 4 juin 2011.
Il s'agit du développement du 3ème volet du projet précédent "Quelle heure est-elle?" présenté à la dite galerie, lui même prolongement d'une idée apparaissant dans Le dépays  (1982), voire brièvement énoncée dans Si j'avais quatre dromadaire (1966).
Cette série comporte plus de 200 photographies en couleur, prises par Chris Marker de 2008 à 2010 dans le métro parisien à partir d'un appareil dissimulé.
Un catalogue complet est édité par la galerie, avec des préfaces de Chris Marker et de Peter Blum.
A noter que Passengers, Coréennes, Qu'elle heure est-elle?, ainsi que Silent Movie, L'Ouvroir sur Second Life  et La jetée ont été présenté aux Rencontres d'Arles 2011.
Et dans un format réduit, Passengers a été exposée du 24 novembre 2011 au 22 janvier 2012 au Centre de la Photographie, Genève, dans le cadre du projet Spirales. Fragments d'une mémoire collective. Autour de Chris Marker.

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"Photoramas" de Kosinki

Sur Youtube, Chris Marker propose depuis 2007 une chaîne, sous le pseudonyme de Kosinki.
Il y présente ses dernières créations "filmiques" qui sont en réalité des "photoramas" d'images personnelles, et plus récemment, d'images de presse.
  • Guillaume Movie  (2008) sur Guillaume-en-Egypte, alias dessiné de Chris Marker
  • The Morning after  (2008) sur le lendemain de l'élection d'Obama
  • Metrotopia  (2008) sur les gens dans le métro parisien
  • Tempo risoluto  (2011) sur les soulèvements du monde arabe
  • Royal Polka  (2011) sur le mariage du prince William et de Kate
  • Overnight (2011) sur les émeutes de Londres
  • Imagine (2011) sur "l'affaire DSK"
  • Kino (2011) sur l'histoire du cinéma
  • iDead (2011) sur la mort de Steve Jobs, co-fondateur d'Apple

Musée virtuel sur Internet

2008 - L'Ouvroir
Cliquez pour agrandir l'imageDu 12 mars au 29 juin 2008, le Museum für Gestaltung de Zurich proposait une exposition autour de Chris Marker, intitulé Abscheid von Kino/A Farewell to Movies, titre hommage au livre A Farewell to Arms (1929) d'Hemingway.
Cette exposition comprenait les "oeuvres" Starring Back, Silent Movie, Owls at Noon..., ainsi qu'un certain nombre de projections proposées au Filmforum. Mais le point novateur de ce projet a été la création sur Second Life d'un monde virtuel : l'archipel de l'Ouvroir.
Il s'agit, en réalité, d'un monde bâti autour d'un musée sphérique de trois étages, dans lequel on retrouve les oeuvres de Chris Marker et d'autres bricolages dont le maître a le secret.
Construit par l'architecte viennois et ami de Marker, Max Moswitzer, cet espace est évolutif. Il comprend également une salle de projection et d'autres inventions de Max, dont "Little WhiteNoise", un cube de récupération des "déchets" de Second Life, ainsi que le bar "La jetée", copie du bar homonyme de Tokyo, de Balthasar Truffaut.
Ce monde virtuel a été décrit à travers un film, L'Ouvroir - le film, d'une durée légèrement inférieure à 30 min. Un fragment de ce film, Pictures at en Exhibition, d'environ 9 minutes, consiste en une visite virtuelle d'un musée imaginaire aux chef-d'oeuvres revisités par Chris Marker.
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silent movie chris marker
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