News - News - News - News...

Maintenance 2021

Le site chrismarker.ch est en maintenance pour plusieurs semaines: nettoyage (vérifications et réactivation des liens caducs, relecture générale....) et mise à jour des bibliographies.
Merci de votre compréhension.

haut

Visiteurs du site en janvier 2021: merci!

Statistiques globales des visiteurs du site - mois de janvier 2021
(fréquence moyenne - 250 visiteurs uniques par jour)

haut

Sans soleil - Le dépays (DVD - Blue-Ray) / 2020

Sans soleil (1982) de Chris Marker
Potemkine Films 1er décembre 2020
Édition Collector Blu-ray + DVD + Livre
Documentaire

Audio: Français DTSHD-MA 2.0mono, Audiodescription (po
Sous-titrage: Français

Contenu et Bonus
Nouveau master restauré de 2K, avec l'aide du CNC
Contient :
- le Blu-ray du film (104')
- le DVD du film (100')
- Le labyrinthe d'herbes  de Shuji Terayama, dans sa version française écrite par Chris Marker et dite par Florence Delay (1979, 39')
- Tokyo days  de Chris Marker (1988, 20')
- Sans soleil de Chris Marker, version anglaise de la voix off, écrite par Chris Marker pour éviter le sous-titrage de son film (exclusivité Blu-ray, 104')
- interview de Florence Delay (17')
- un livre de 224 pages

Contenu du livre:
- Le dépays  de Chris Marker (1982) : réimpression du livre de Chris Marker, épuisé depuis des années
- textes de Christophe Chazalon sur le film:

  1. "Qu'est-ce que Sans soleil?", p. 87-95
  2. "Les principales thématiques du film", p. 97-115
  3. "La genèse du film", p. 117-126
  4. "Références culturelles choisies", p. 129-140
  5. "La réception critique", p. 145-152

- Le dossier de presse du film
- Lettre à Theresa de Chris Marker
- Sans soleil  de Modeste Moussorgski
- Le texte intégral de la voix off

Prix tout petit: 39.90 euros

"Cadeaux Bonux" spécial chrismarker.ch

 À l'occasion de l'écriture des textes pour le livre du coffret Sans soleil - Le dépays, nous avons écrit un 6e texte qui n'a finalement pas été édité et que nous offrons ici à tout un chacun.
Bonne lecture!

Le dépays de Chris Marker : kesako ?

 
Le 15 avril 1982 sortait des presses un livre de photographies composé par Chris Marker: Le dépays. Intégré à la collection "Format / photo" des éditions parisiennes Herscher1, qui comprend entre autre des livres de Duane Michals (Changements – 1981), de Dieter Appelt (Morts et résurrections de Dieter Appelt – 1981) ou encore de Jean Sagne (Delacroix et la photographie - 1982), l’ouvrage de Marker mêle, en guise d’essai littéraire, 3 brefs textes à 56 photographies sur le Japon2. En tout début de son ouvrage, dans son "Avertissement au lecteur", Marker précise: "le texte ne commente pas plus les images que les images le texte. Ce sont deux séries de séquence à qui il arrive bien évidement de se croiser et de se faire signe, mais qu’il serait inutilement fatigant d’essayer de confronter. Qu’on veuille donc bien les prendre dans le désordre, la simplicité et le dédoublement, comme il convient de prendre toutes choses au Japon". On peut suivre cet avertissement ou, en markerien averti, s’en passer. Dans ce second cas, on découvrira que la majeure partie des photographies correspondent en plein aux descriptions faites dans le texte, mais dans un ordre peu rigoureux.
Cela dit, si on s’attache au contenu écrit du livre, on peut, d’une part, dire que le titre trouve son explication dans les dernières lignes du troisième texte: "Telles sont les choses de mon pays, mon pays imaginé, mon pays que j’ai totalement inventé, totalement investi, mon pays qui me dépayse au point de n’être plus moi-même que dans ce dépaysement. Mon dépays". Marker nous parle d’un dépaysement formateur de l’être, ce qui est le propre à tout voyage, qu’il soit physique ou métaphysique.
D’autre part, les trois textes sont fortement découpés (séparés) par les photographies. Leur thématique reprend les trois phases de la découverte de soi qui s’applique lors d’un voyage initiatique. Tout d’abord, on s’immerge dans le pays d’accueil. On prend ses marques de la manière la plus naturelle qui soit en confrontant son expérience propre et ses connaissances aux éléments que l’on rencontre durant ses déambulations. On apprend un mot ou deux de la langue locale, par politesse et comme marque personnelle de son implication dans la découverte, sa volonté de dépasser le seul «voir et y être». Qu’on se souvienne d’Hiroshima mon amour: "Tu n’as rien vu à Hisoshima…". Pour Marker, c’est la prononciation et l’écriture de neko, soit "chat", par exemple. Dynamique jeu de miroir, de similarités, qui permet de ne pas se noyer ni de se perdre irrémédiablement, mais de bâtir une base commune sur laquelle établir la comparaison initiale, inaliénable de tout voyage. C’est le rôle de tous ces chats dans le premier texte de Marker. Au Japon, comme ailleurs, ils sont un lien, un relais fidèle et rassurant sur lequel l’auteur peut s’appuyer sans crainte. Il n’y a rien de plus similaire d’un chat européen qu’un chat africain ou asiatique. Ils sont tous pareils malgré leurs innombrables différences. Il en va tout autrement des humains que nous disséquons à l’ extrême car reflet de nous-mêmes. On ne parle pas des différentes cultures, langues ou couleur de poils des chats, de leurs visions du monde, mais on le fait pour les humains. Un Japonais, ce n’est pas un Français. Couleur de peau, traits du visage, langue, écriture, expressions corporelles, normes, politesse extrême contrepoint d’une xénophobie absolue mais assumée, etc., tout est sujet à comparaison et controverse. Pas chez les chats, mis à part qu’ils sont les derniers à être arrivés en retard à la mort de Bouddha!
Le deuxième texte développe l’idée de "l’entre-deux" purement asiatique, pour ne pas dire japonais. Marker explique clairement cet aspect de la culture nippone qui embarrasse le visiteur dès son arrivée, car il ne sait pas trop comment l’appréhender. "Alors cet entre-deux, cet entre-chat-et-loup, cet innomé reparti entre les huit cent huit dieux qui ont la garde du troupeau des rêves, on ne sait pas trop quoi en faire, on ne sait pas bien comment s’adresser à lui, mais du moins on peut être poli. D’où la politesse à l’égard des ancêtres, d’où la politesse envers les bêtes (…). Finalement, la civilisation matérialiste du Japon est peut-être obsédée par l’esprit de la même façon que la civilisation chrétienne l’était par la chair ». Au Japon, monde réel et monde imaginaire ou parallèle ou invisible, ne sont qu’un seul monde, contrairement à l’Europe. On ne s’y pose pas la question de les dissocier. On vit avec. Et donc, de ce fait, "un Japon peut en cacher un autre". Et Marker de préciser que lorsque l’on visite un pays comme le Japon, il ne faut pas se poser trop de questions, surtout les cartésiennes qui n’ont pas lieu d’être ici. La comparaison a un temps certains, mais elle a surtout une fin. Lorsqu’on voyage, c’est peut-être l’élément le plus important à comprendre et à appliquer.
Ce qui nous amène au troisième texte: le dépaysement comme élément constitutif du moi. Les voyages forment la jeunesse a-t-on pour l’habitude de lire ou d’entendre, avec la célèbre fable de l’enfant prodigue. Mais lorsque l’on voyage dans un pays aussi opposé à la culture européenne que l’est le Japon, le changement peut-être plus profond encore, car le pays du Soleil Levant apprend plus que tout autre (peut-être) à "lâcher prise", à oublier ce que l’on sait pour vraiment découvrir un autre monde. Et de là, un autre moi.
Ce texte ayant vocation d’introduction, il ne nous est pas loisible de développer à plein ces thématiques et de leur donner toute leur ampleur. D’autres le feront peut-être.
Ce qu’il nous reste cependant à faire, c’est de resituer la place du Dépays par rapport à une autre œuvre contemporaine de Chris Marker, qui elle aussi parle du Japon: Sans soleil. Le film documentaire est sorti sur les écrans en janvier 1983, mais a été achevé quelques mois auparavant. Autrement dit, alors que Marker réalisait son film, il écrivait son livre ("de septembre 1979 à janvier 1981" nous précise l’auteur). Et de ce fait, on retrouve beaucoup de similarités entre les deux œuvres, qu’elles soient thématiques (réel – imaginaire, mono no aware, etc.) ou référentielles (temple des chats de Go To Ku Ji, révolte de Narita, takenoko, M. Akao, Flash Gordon, etc.). Mais le but n’est pas le même. Les deux œuvres ne sont autres que "complémentaires", ne serait-ce que parce que Sans soleil ne parle pas seulement du Japon. Dans Le dépays, Marker décrit son rapport à la Culture japonaise dans son ensemble et les conséquences sur sa propre existence, sa conception du monde. Dans Sans soleil, il se pose la question de l’existence des êtres, de ce qui vaut la peine de vivre, de ce pourquoi au final, on vit malgré l’horreur de devoir mourir un jour.

Christophe Chazalon / Cap Vert, août 2020


[1] Georges Herscher, directeur au Chêne de 1970 à 1980, était un grand amateur de photographie. On lui doit l’édition de nombreux ouvrages de photographes.
[2] Notons au passage que les PDF du Dépays qui sont accessibles sur le web sont incomplets.

Nous avons aussi mentionné dans l'un des textes l'existence d'un découpage seconde par seconde de Sans soleil effectué par nos soin. Vous pouvez les télécharger en cliquant sur PDF.

haut

La jeteé (DVD - Blue-Ray et roman-photo)

La jetée (1963) de Chris Marker
Potemkine Films 1er décembre 2020
Édition Collector Blu-ray + DVD + Livre
Avec Jean Négroni, Hélène Chatelain, Davos Hanich, Jacques Ledoux, André Heinrich, Jacques Branchu, Pierre Joffroy, William Klein
Audio: Français DTSHD-MA





Sommaire et bonus
Nouveau master restauré.
Coffret collector en format à l'italienne, comprenant:
- le Blu-ray du film
- le DVD du film
- Regards sur La jetée par Jean-Michel Frodon (44')
- Quand  La jetée croise Vertigo (10').
- Jean Négroni raconte le tournage de La jetée (4').
- Petite visite du bar La jetée à Tokyo (2').
- la version ciné-roman du film (livre de 250 pages en grand format)

Prix rikiki: 49.90 euros

haut

Nos écrits en ligne...

En ce mois de décembre, ça y est, c'est fait, l'essentiel de nos écrits sont accessibles gratuitement, en ligne, à l'adresse suivante:

chazalonchristophe.com

Vous pourrez lire des études sur:

  • Le cinéma: Chris Marker, Wim Wenders, le Road-Movie ou encore la Screwball Comedy
  • L'Histoire: essentiellement genevoise, de Calvin, aux imprimeurs, en passant par les hôpitaux
  • Le Cap Vert: suite à la création en mai 2018 de notre site www.lirecapvert.org, nous poursuivons notre étude de la culture de l'archipel et d'ici peu les articles vont se succéder

Et aussi du cinéma, avec quelques courts-métrages essentiellement documentaires.

Bonne découverte à toutes et tous!

haut

Interviews de Markériens (octobre 2020)

Nos amis markériens Marseillais nous ont transmis ce lien vers la revue Peham: revue de traduction littéraire français-hébreu  qui propose la transcription d'intervews dans les deux langues de passionés de l'oeuvre de Marker, à savoir: Caroline, avocate en France, Matthias, ancien chercheur en étude cinématographiques en France, Stéphane, marin dans la marine marchande à travers le monde, et Quentin, documentaliste à Grenoble (France), ainsi qu'une interview de CLaude Lanzmann "importée".

Bonne lecture!

haut