Etudes générales sur Chris Marker


Coup de gueule biographique (décembre 2017)

Chris Marker, entre rêve et réalité

Cette année 2018, Christian Hippolyte François Georges Bouche-Villeneuve, alias Chris Marker, est à l’honneur. Cinq ans après sa mort, la Cinémathèque française lui consacre une nouvelle rétrospective, enrichie par l’acquisition des archives de l’artiste.
On a beaucoup écrit sur Chris Marker. On écrira encore plus sur Chris Marker. Un homme mort est un homme qui ne sait rien refuser. Le temps passe et le personnage fascine sans complexe, une génération après l’autre. Pourtant il reste un mystère dans son ensemble et son œuvre est très largement méconnue du grand public. A qui la faute?

Le personnage
Né en 1921, fils de bonne famille, être fantasque, intelligent mais peu enthousiasmé par l’école où il fait plus figure de cancre que d’élève modèle, Christian Bouche-Villeneuve s’intéresse beaucoup à la musique, la bande dessiné, le cinéma et quelques milliers d’autres choses. Très rapidement, il se cache derrière de multiples pseudonymes et des autobiographies rêvées. Les journalistes, critiques, biographes, spécialistes en tout genre relaient sans complexe l’information offerte, sans même prendre soin de vérifier les assertions de l’auteur, suivant sans le savoir le souhait de ce dernier. Ainsi celui qui se fait appeler tour à tour Christian Villeneuve, Marc Dornier, le Palotin Giron, Chris Mayor, Chris Marker, Chris. Marker, Chris and Magic Marker, Christian Marker, Fritz Markassin, T. T. Toukanov, Jacopo Berezini (repris par la suite par Mario Ruspoli), Jacopo Berenzini, Boris Villeneuve, Sandor Krasna, Michel Krasna, Dolorès Walfisch, Hayao Yamaneko, Guillaume-en-Egypte, Sergei Murasaki, Kosinki, Christophe Berger ou encore Iterovitch, serait né tout à la fois à Oulan-Bator, capitale de la Mongolie, à l’Île-aux-Moines, en Bretagne, à Kolozsvar, en Roumanie, ou plus certainement du côté de Paris, à Neuilly, soit disant d’un père américain et d’une mère russe, à moins que ce ne soit l’inverse, quand bien même ces derniers étaient on ne peut plus français. Il aurait eu un oncle extravagant et aurait vécu quelques années de son enfance à Cuba, où il ne mit pourtant les pieds pour la première fois que dans les années 60. Aussi, avec plaisir le lecteur reprendra la truculente histoire de l’Attrapeur d’images par M. Kha, la plus véritable de toutes les biographies de Chris Marker, qu’il pourra compléter avec les souvenirs enfouis dans son autobiographie Immemory.
Aussi, pour bien cerner le personnage et comprendre l’essentiel de son œuvre, il ne faut connaitre qu’une petite dizaine de «pensées» relayées par les impressions papier de l’artiste. Sans connaître pleinement ces dernières, nos propres vérités domineraient une réalité oubliée.

L’œuvre
La raison de ce choix délibéré d’égarer les inconnus a clairement été décrite par Marker dans son introduction à la seule rétrospective à laquelle il ait accepté de prendre part: «Si (horrible Idée) je m’avisais d’écrire mon autobiographie, je la commencerais sûrement par quelques lignes de Chateaubriand ou de Giraudoux parlant de leur enfance: elles seraient plus vraies que mes souvenirs»[i]. Cette idée avait déjà été avancée dans l’introduction d’un des tous premiers ouvrages de Marker : L’Homme et sa liberté (1949). En effet, il y écrit: «C’est un montage de textes inspiré par deux convictions inébranlables de son auteur : premièrement, que l’on s’exprime beaucoup mieux par les textes des autres, vis-à-vis de qui l’on a toute liberté de choix, que par les siens propres, qui vous fuient comme s’ils le faisaient exprès au profit des parts de Dieu ou du diable». Le secondement n’est autre qu’une critique du théâtre de l’époque. Et puis il émet une idée qui lui tient à cœur: «ce texte n’est «protégé» par aucune déclaration. Il est taillable et corvéable à merci, et je souhaite qu’il le soit, non par masochisme, mais pour que sur des prétextes semblables bourgeonne une activité théâtrale enfin reliée à nos véritables soucis et obsessions, où la mémoire et la culture n’accouchent plus de marionnettes, mais donnent enfin un visage à nos anges et à nos démons»[ii]. Dans les faits, Chris Marker s’amusait beaucoup des copies «pirates» qui circulaient sous le manteau.
Quoiqu’il en soit, dans la partie Mémoire d’Immemory  (1997), il exprime mieux cette pensée qui gouverne l’intégralité de son œuvre: «Vertigo, c’est l’histoire d’un homme qui ne supporte plus cette dictature de la mémoire: ce qui a été, a été, et personne n’y peut plus rien changer. Lui veut changer. Il veut qu’à travers les apparences, une femme morte redevienne vivante, il veut tout simplement vaincre le temps. Folie peut-être, mais folie qui nous parle. Aucun film n’a jamais montré à ce point que le mécanisme de la mémoire, si on le dérègle, peut servir à tout autre chose qu’à se souvenir: à réinventer la vie, et finalement à vaincre la mort. Il est banal de dire que la mémoire est menteuse, il est plus intéressant de voir dans ce mensonge une forme de protection naturelle qu’on peut gouverner et modeler. Quelquefois, cella s’appelle l’art».
Cette idée prenait déjà corps dans son film Sans soleil  (1982), lorsqu’il faisait dire à un de ses alias: «Mon ami Hayao Yamaneko a trouvé une solution: si les images du présent ne changent pas, changer les images du passé... Il m'a montré les bagarres des Sixties traitées par son synthétiseur. Des images moins menteuses, dit-il avec la conviction des fanatiques, que celles que tu vois à la télévision. Au moins elles se donnent pour ce qu'elles sont, des images, pas la forme transportable et compacte d'une réalité déjà inaccessible. Hayao appelle le monde de sa machine: la Zone - en hommage à Tarkovski.» Dès lors, toutes ses images, présentes et futures, tout autant que d’un passé jusqu’à sa mort réédité, seront systématiquement retouchées.
Outre ce regard sur la mémoire et ses chimères sources inattendue de création, Chris Marker s’est beaucoup intéressé aux médiums. A chaque innovation, il s’en est emparé pour en tirer le meilleur parti. Par la même occasion, il s’est attaché à briser inexorablement les normes imposées par l’industrie cinématographique tout autant qu’éditoriale. Cette «pensée» est loin d’être anodine et doit être considérée, au premier chef, comme fondatrice. Pour Chris Marker, les catégories, les classements, les petites boîtes bien rangées et ordonnées tel un théâtre imaginaire à la Giulio Camillo (1480-1544) ne valent rien. Elles obstruent l’imagination, réduisent la créativité, limitent le champ des possibles. Il faut les connaître et les oublier. Et ce n’est pas pour rien si Adolfo Bioy Casares est une de ses principales influences.
Aussi, quelques «citations» bien éclairées illustrent plus à plein cette idée. En sous-titre de son portefolio de 12 pages pour la revue Esprit  éditée à la suite de son voyage en Chine où il tourna Dimanche à Pékin  (1956), il est précisé «Clair de Chine, en guise de carte de vœux, un film de Chris Marker»[iii]. De même pour les Coréennes parues en 1959 à la suite de son voyage en Corée du Nord, Marker brouille les pistes en écrivant en 4ème de couverture: «ce court-métrage où l’on souhaite voir apparaître un genre distinct de l’album et du reportage, qu’on appellerait faute de mieux ciné-essai comme il y a des ciné-romans»[iv].
Une génération plus tard, dans Le Dépays  (1982), il reprend une autre idée associée: «Le texte ne commente pas plus les images que les images n’illustrent le texte. Ce sont deux séries de séquences à qui il arrive bien évidemment de se croiser et de se faire signe, mais qu’il serait inutilement fatigant d’essayer de confronter»[v].
Dans le même ordre de pensée, un texte «anonyme» (en réalité co-écrit avec Claude Roy, ami de longue date) propose quelques éléments complémentaires des plus révélateurs: «FAUT VOIR est le titre - laconique - d'un album que l'écrivain Claude Roy et le photographe Chris. Marker entreprennent périodiquement de réaliser dans le plus grand enthousiasme, quitte à s'en désintéresser complètement la semaine suivante. A les entendre, il s'agit d'une défense et illustration de l'«œil égoïste»: celui qui se constitue son propre musée au gré de ses promenades et de son bon plaisir, sereinement indifférent aux valeurs enseignées et aux modes, mais assez libre pour les accepter quand ça lui chante. […] Ainsi sont conviés à la même fête les oubliés des musées et les chefs-d’œuvre de rencontre, l'or et le plomb, le Louvre et le bon Marché. Un œil qui ne se prétend aucunement exemplaire (sinon dans la mesure où TOUTE vision est exemplaire)»[vi].
L’essentiel est ici dévoilé. Il n’est pas vraiment besoin de plus pour comprendre le travail et l’idée principale qui guide l’artiste. Chris Marker se moque des normes, des catégories, des idées reçues, convenues, du politiquement correcte, du mainstream et la vision consacrée des vainqueurs de tous ordres, auteurs de toutes les Histoires de l’humanité. Chris Marker crée, invente, imagine, s’amuse et nous amuse, critique, regarde, apprend, découvre et nous fait découvrir, s’abandonne et donne à voir en toute subjectivité le monde d’ici et de là-bas. Chris Marker ne se laisse pas dire, ni montrer, ni même aider, ou si peu. Il est seul ou du moins aurait bien souvent aimer l’être afin de mieux percevoir l’indicible, l’invisible, l’autre, ce que l’on tait, que l’on cache, que l’on ignore par ignorance, par bêtise ou par vilenie.
Ainsi, tous les biographes passés, actuels et probablement futur, ne nous y trompons pas, n’ont rien compris en réduisant l’œuvre de Chris Marker au seul cinéma. Non, Chris Marker n’est pas un cinéaste! Il est plus que cela. Il est un artiste à part entière, mêlant cinéma, écriture, photographie, musique, installation vidéo, photo-montage, programmation informatique, bidouillages en tout genre, tour à tour et en un Grand Tout organique et harmonieux. La réduction consensuelle n’apporte rien de bon. Il est vrai que la difficulté jusqu’au début des années 2000 pour consulter l’essentiel de son travail alors encore dispersé ou inconnu n’a pas facilité la tâche, mais l’excuse n’est aujourd’hui plus valable. Tout ou presque est accessible. Même les archives de Marker sont à portée de main à la Cinémathèque (Paris), à l’IMEC (Caen), voire au FmAC (Genève). Aussi avec un peu de courage, de bonne volonté et d’honnêteté, peut-être sortira-t-on enfin de ce regard réducteur pensé à travers le trou de la serrure. La porte est aujourd’hui grande ouverte. Et Marker de nous ouvrir encore plus les yeux, des fois que la pilosité excessive ne croisse au creux de la main.
Si dans son enfance, alors qu’il est si fier de son premier projet, on lui imposa une vérité plate et sans imagination, le petit Christian Bouche-Villeneuve l’absorba et la ressassa dans son subconscient, inlassablement, jusque au jour où… le chef-d’œuvre apparut. De ses propres mots, il se souvient: «Un de mes camarades d’école, Jonathan était le plus prestigieux. Il avait le don de la mécanique et le caractère inventif, il fabriquait des maquettes de théâtres avec rideaux mobiles, lumières clignotantes, et un orchestre miniature émergeait de la fosse pendant qu’un Gramophone à manivelle jouait une marche triomphale. Il était donc naturel qu’il fût le premier à qui montrer mon chef d’œuvre. J’étais assez fier du résultat, et en lui déroulant les aventures du chat Riri je lui annonçai “mon film” (my Movie). Jonathan me ramena rapidement à la sobriété. “Mais, idiot, le cinéma c’est des images qui bougent” dit-il. “On ne peut pas faire un film avec des images fixes”»[vii]. Ne jamais se laisser arrêter par la vérité des autres, toujours aller voir derrière le miroir si elle n’y est pas plus réelle, tangible: tel pourrait être au final le leitmotiv de Chris Marker. A ce cinéma aux images qui bougent sans contestation possible, n’offrit-il pas sa plus belle réussite, un coup de génie: La Jetée (1962), un court métrage aux images fixes, simples photographies alignées les unes aux autres? La leçon du maître n’a pas pris une ride, mais pour ceux qui n’auraient pas compris, Marker a offert à l’occasion d’une de ses trop rares interviews, un petit rappel: «Verbatim - La pauvreté des moyens qui est (au moins dans mon cas) plus souvent question de circonstances que de choix, ne m’a jamais paru devoir fonder une esthétique, et les histoires de Dogme me sortent par les yeux. C’est plutôt à titre d’encouragement pour jeunes cinéastes démunis que je mentionne ces quelques détails techniques. […] Je n’en tire pas une sotte gloriole, seulement la conviction qu’aujourd’hui, avec en plus l’ordinateur et les petites caméras DV, hommage involontaire à Dziga Vertov, un cinéaste débutant n’a aucune raison de suspendre son destin à l’imprévisibilité des producteurs ou l’arthritisme des télévisions, et qu’en suivant ses idées, ou ses passions, il verra peut-être un jour ses bricolages élevés au rand de DVD par des gens sérieux». Il précise toutefois au passage «un bémol nécessaire : la démocratisation des outils affranchit de beaucoup de contraintes techniques et financières, elle n’affranchit pas de la contrainte du travail. La possession d’une caméra DV ne confère pas par magie du talent à celui qui n’en a pas ou qui est trop flemmard pour se demander s’il en a. On pourra miniaturiser tant qu’on veut, un film demandera toujours beaucoup, beaucoup de travail. Et une raison de le faire»[viii]. Et ce qui est valable pour le cinéma, l’est pour tout le reste.
Fort de cela, tout un chacun est à même de découvrir l’œuvre inépuisable de Chris Marker, de le critiquer, de l’absorber et, pourquoi pas, de le surpasser!

Christophe Chazalon


[i] Chris Marker, Programme de la Cinémathèque Française, janvier-février 1998, p. 4
[ii] Chris Marker, L’Homme et sa liberté. Jeu pour la veillée utilisant des textes recueillis par Chris Marker, Paris: Le Seuil, 1949, p. 7-9. Cette idée sera pleinement mise en œuvre avec le Regard neuf sur Olympia 52 (2013) de Julien Faraut.
[iii] Portefolio paru en supplément dans la revue Esprit, n° 234 (janvier 1956)
[iv] Chris Marker, Coréennes, Paris: Le Seuil, 1959, 4ème de couverture
[v] Chris Marker, Le Dépays, Paris: éditions Herscher, 1982, p. [2]
[vi] [Chris Marker – Claude Roy], «Faut voir», L’Estampille – Objets d’art, n° 36 (octobre 1972), p. 39-46 (11 photographies accompagnées de ce texte).
[vii] Texte paru dans le livret du DVD La Jetée – Sans Soleil, 2003
[viii] «Rare Marker», Libération, n° 6783 (5 mars 2003), p. II



Archives Chris Marker - Cinémathèque française

acquisA la suite du décès de Chris Marker, les documents conservés dans son appartement, sous tout format, ont été acquis par la Cinémathèque française pour 40'000 euros, après une vive polémique avec l'Institut Mémoires de l'édition contemporaine (IMEC), près de Caen, qui conserve également une partie des archives déposées par l'artiste lui-même (soit 53 boîtes d'archives et 500 imprimés).
L'inventaire sommaire a débuté en ​septembre 2013.
Mi-juin 2015, la Cinémathèque française communique enfin l'avancée des travaux. On savait que le fond était important, mais là, il est tout simplement gigantesque et laisse présager, sans aucun doute possible, de nombreuses découvertes à venir sur le travail de l'artiste.
Voici le résumé donné par l'équipe de la Cinémathèque en charge des archives Marker.
"Les 550 cartons qui composent le fonds se répartissent comme suit:

  • 5 cartons d’affiches
  • 6 cartons de disques vinyles, documents sonores
  • 15 cartons de photographies
  • 39 cartons d’appareils informatiques, vidéo et disques durs
  • 55 cartons d’objets, miniatures…
  • 66 cartons de supports audiovisuels (Beta, master...)
  • 98 cartons d’archives (presse documentation, dossiers)
  • 112 cartons de VHS et DVD édités et d’enregistrements personnels
  • 137  cartons de périodiques et d’ouvrages.

A ce jour, les cartons de photographies ont été entièrement inventoriés, bien que toutes les photos n’aient pas encore pu être identifiées. De même, l’inventaire des appareils est achevé. La bibliothèque de Chris Marker, riche de quelque 137 cartons, a fait l’objet d’un travail approfondi en voie d’achèvement.  Bibliothèque de travail, et non de collectionneur, elle présente la singularité que chaque ouvrage est truffé de documents divers: correspondances, coupures de presse, etc. Chaque volume a ainsi dû faire l’objet d’une description précise des éléments qu’il contenait. Pour rendre compte de cette bibliothèque, le rapport d’inventaire sera certes instructif, mais à l’évidence insuffisant. Un projet de bibliothèque virtuelle est donc à l’étude.
L’inventaire se poursuit actuellement avec les objets, les affiches, les supports audiovisuels et les archives papier. Ce travail devrait être achevé à l’automne 2015. L’inventaire des disques durs, sur lesquels Chris Marker a travaillé au cours des vingt dernières années de sa vie, a également débuté. Ces disques contiennent plusieurs millions de fichiers. Mener à bien la description de ces contenus sera un travail de longue haleine. De même, un premier travail a été mené sur le fonds de près d’un millier de disquettes informatiques, par une conservatrice spécialiste de ce type de support. Un travail de sauvegarde et de restauration, préalable indispensable à l’inventaire des contenus, sera mené dans les prochains mois.
Dans le courant de l’automne, ce sont les collections de VHS, DVD, CD et disques vinyle qui seront inventoriés, permettant ainsi, à l’horizon de l’été 2016, d’avoir analysé l’ensemble des cartons du fonds et d’avoir ainsi une première vue globale de sa cohérence et de sa richesse. Le travail de catalogage pourra alors commencer, l’objectif demeurant de mettre le fonds à la disposition des chercheurs à l’horizon de 2018, en même temps qu’il sera présenté sous forme d’une grande exposition à la Cinémathèque française, sur laquelle le comité scientifique commence déjà à travailler.
Rappelons que ce comité est composé de : Raymond Bellour, écrivain, critique, chercheur et enseignant; Laurence Braunberger, productrice; Jean-Michel Frodon, journaliste et enseignant; Raymonde Morin-Bouche, représentant la succession Chris Marker pour la branche paternelle et Mabel Nicolaÿ Duflo, pour la branche maternelle; Serge Toubiana, directeur général de la Cinémathèque française (remplacé depuis par Frédéric Bonnaud; Christine van Assche, conservatrice honoraire au Centre Georges Pompidou."

Joël Daire, avec le concours de Valérie Sanroma-Kernke et Marie Bergue
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​Biographies de Chris Marker

En simplifiant un peu, on pourrait dire que pour l'essentiel, les biographies de Chris Marker ont toutes pour point de départ l'excellent travail de Kämper et Tode, dans lequel elles puisent directement ou indirectement, et plus ou moins généreusement.
Plusieurs numéros de revues ont été consacrés tout ou partie à l'oeuvre de Chris Marker, ainsi que des catalogues d'expositions. Un grand nombre a paru à l'occasion des rétrospectives post-mortem.
A noter, également, l'hommage de la Cinémathèque française "Chris Marker, en mémoire", où chacun, proches et admirateurs, peut déposer un témoignage.

Mais avant tout, on se référera à l'autobiographie de Chris Marker Immemory, disponible gratuitement en ligne, en français ou en anglais.

Pour le reste, voici une liste non exhaustive, classée par langues, pour poursuivre le voyage et la découverte d'un monde singulier et jamais indifférent:

  • en allemand:

Birgit KAMPER et Thomas TODE (dir.), Chris Marker, Filmessayist, Munich: Institut Français / CICIM, 1997, 376 p. [ouvrage de référence, même s'il s'arrête en 1997! La bibliographie en fin de volume est remarquable et a servi de base à toutes les bibliographies markériennes qui ont suivi!]

Dessislava THOMAS, Gegen den Filmriss: Chris Markers Essayfilme und Porträtfilme, Marburg: Tectum Verlag, 2009, 169 p.
[table des matières: ICI ]




Barbara FILSER, Chris Marker und die Ungewissheit der Bilder, Paderborn (DE): Fink Wilhelm Gmbh + Co.Kg, 2010, 515 p.
[recension: ICI ]



  • en anglais:

Catherine LUPTON, Memories of the Future, London: Reaktion Books, 2004, 256 p. Rééditions: 2011, 2014
[biographie markérienne "traditionnelle", intéressante]

Nora M. ALTER, Chris Marker Contemporary Film Directors, Urbana/Chicago: University Of Illinois Press, 2006, 232 p. [biographie introductive, intérêt moyen, à l'exception des traductions d'interviews en anglais en fin de volume.
​table des matières:
ICI ]

Sarah COOPER, Chris Marker, Manchester: Manchester University Press, 2008, 224 p.
[recension: ICI ]






Susan HOWE, Sorting Facts; Or, Nineteen Ways of Looking at Marker, Londres: New Directions, 2013, 48 p. Réédition 2013, 63 p.
[recension: ICI ]


Gavin KEENEY, Dossier Chris Marker: The Suffering Image, Cambridge (GB): Cambridge Scholars Publishing, 2012, 302 p.
[regard sur l'oeuvre global et non juste les films, comme on le trouve dans les biographies markériennes "traditionnelles", série de courts essais très fouillés, important travail bibliographique, quelques erreurs.
table des matières: 
ICI.
recension:
ICI]

[collectif], A Grin Without a Cat (cat. expo. Whitechapel Gallery), Londres (GB): Whitechapel Gallery, 2014, 136 p.
[série d'essais, avec 2 textes de Chris Marker traduits en anglais]






Richard BEVAN, Tamsin CLARK, A Zoo for Chris Marker, Londres (GB): Self-published, 2016, 192 p.
["A Zoo for Chris Marker ... collects images of animals from each of the 31 books that Marker had involvement in and brings them together in a new artist book". Pour la forme!]​

Colin McCabe, Studio: Remembering Chris Marker, London: OR Books, 2017, 96 p.
["visite" du studio-atelier de Marker]



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  • en espagnol

Nacho CAGIGA, CM retrato de Chris Marker a 24 imagenes-segundo, Valencia: Espejo de Venus, 1998, n.p.
[extraits de textes de Chris Marker en français, rapidement commentés]

[collectif], Chris Marker: retorno a la inmemoria del cineasta, Seville: Centro Andaluz de Arte Contemporáneo / Valence: La Mirada, 2000, 120 p.
[table des matières: ICI ]

María Luisa ORTEGA & Antonio WEINRICHTER, Mystère Marker
Pasajes en la obra de Chris Marker
, Madrid: T&B Editores, 2006, 322 p.
[comprend la traduction en espagnol de 3 interviews de Marker]

Shangri-la, n° 1 (octobre-décembre 2006), 84 p.
[comprend en particulier le commentaire de Sans soleil en espagnol]





Antonia ESCANDELL TUR, Chris Marker y la Jetee la fotografia después del cine, Pedrola: Jekyll & Jill, 2013, 192 p.









​Chris Marker Inmemoria (sous la dir. de Mara FORTES et Lorena GOMEZ MOSTAJO), Mexico: Ambulante Ediciones, 2013, 255 p.
[sortie à l'occasion de la rétrospective mexicaine, ce receuil comprend entre autre, la traduction de Soy Mexico et du Ce que je dois à Chris Marker de Patricio Guzman, ainsi que 2 lettres échangées par Marker et Mark Cousins. Dommage que la filmographie soit tout sauf à jour!]​

Ricardo GREENE, Ivan PINTO (ed.), La Zona Marker, Santiago (Chile): ed. FIDOCS, 2016, 179 p.
[nouvel opus sur l'oeuvre de Marker, avec le texte de Patricio Guzman "Lo que debo a Chris Marker" et "El ultimo bolchevique" de Chris Marker (soit "Le Ciné-ours" paru dans Image et son n°255 (décembre 1971) et dans le dossier de presse du Train en marche), le tout téléchargeable en pdf sur Academia.edu]

  • en français:

Christiane DAMADE-GUIRAUD, Chris Marker, s.l: s.n., 1971, [76 f.]
Mémoire de maîtrise, université de Paris, sous la dir. d'Alain Virmaux​
[par sa date de rédaction, ce mémoire se montre intéressant. Reste à en découvrir le contenu]




Natacha MICHEL, Ici commence, Paris: Gallimard, 1973, 188 p.
["histoire d'une très jeune fille (Natacha Michel) qui tombe amoureuse de l'énigmatique locataire du 6e (Chris Marker): ce roman ne fit pas plaisir au dit locataire, qui rompit les ponts!]

Natacha MICHEL, Impostures et séparations, Paris: Le Seuil, 1986, 348 p.
[Idem Ici commence, repris dans la nouvelles "Vie d'un homme illustre"!
recension:
ICI ]


Raymond BELLOUR et Laurent ROTH, Chris Marker - A Propos du CD-ROM Immemory, Qu'est-ce qu'une Madeleine?, Paris: Centre Georges Pompidou, 1997, 157 p.
[recension: ICI ]


Guy GAUTHIER, Chris Marker, écrivain multimédia ou voyage à travers les médias, Paris: L'Harmattan, 2001, 224 p. (réédition, 2003)
[souvenirs d'un critique de cinéma appréciant, dès le début, le travail de Marker]




Bamchade POURVALI, Chris Marker, Paris: Cahiers du Cinéma, 2003, 96 p.
["I wrote a monograph on Chris Marker in 2003 because that year Sans Soleil was chosen to be studied as one of the three films in the program of French baccalaureate for high school pupils who chose the cinema option. So it was necessary to give them some keys about the work and life of Marker" (dafilms.com).]

Philippe DUBOIS (dir.), Théorème 6, Paris: Presses Sorbonne Nouvelle, 2006, 196 p.
[recueil d'articles sur l'oeuvre de Marker, avec quelques articles intéressants, mais nombre d'erreurs et surtout une bibliographie plagiée sans complexe, avec nombre de fautes et d'omissions, dans le Kamper et Tode de 1997. Décevant pour un travail d'universitaires!]

Eclipses, revue de cinéma: Chris Marker. Voyages en [immémoire], n° 40 (2007), 180 p.
[recueil d'articles sur l'oeuvre de Marker]


Emmanuel DOUIN, Chris Marker, Paris: Ramsay, 2008, 281 p.
[cet ouvrage n'a pas été édité, selon toute vraissemblance, car aucun exemplaire n'est trouvable, nulle part!]



André HABIB et Viva PACI (dir.), Chris Marker et l'imprimerie du regard, Paris: L'Harmattan, 2008, 310 p.
[recueil d'articles sur l'oeuvre de Marker]


Arnaud LAMBERT, Also Known as Chris Marker, Paris: Le Point du jour, 2008, 296 p. (réédition, 2013)
["biographie thématique" découpée en 22 thèmes des plus fouillés. On a apprécié.]

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Alexandre KHA, L'Attrapeur d'images, Paris: Tanabis, 2009, 192 p.
[probablement la plus véritable des biographies de Chris Marker. Un incontournable. On adore!]






Coeur de chat. Si Chris Marker m'était conté, Genève: Activités Culturelles de l'Université de Genève, 2011, 72 p.
[le point de départ du renouveau des recherches sur l'oeuvre de Marker avec le projet Spirales. Mais vu que j'en suis le responsable, hum hum!
Cliquez sur les titres et vous en aurez le pdf]


L'Avant-scène cinéma. Spécial Chris Marker, n° 606 (octobre 2013), 128 p.
[plusieurs textes et scénarios de Lettre de Sibérie, La Jetée et L'Ambassade]


Bref. Le magazine des courts métrages. Les constellations Chris Marker, n° 108 (octobre 2013), p. 4-16
[3 textes brefs et 1 "bio-filmographie" pas du tout à jour]


Europe, n° 1014 (octobre 2013), n/a p.
[contient une lettre de Chris Marker à Florence Delay (2000) et quelques textes critiques]



Positif. Dossier Chris Marker, n° 632 (octobre 2013), 116 p.
[petit dossier intéressant surtout pour quelques lettres issues de la correspondance entre Kumiko Muraoka et Chris Marker, ainsi qu'un entretien avec Kumiko]

Vertigo. Chris Marker, n° 46 (octobre 2013), 128 p.
[indispensable pour l'interview d'Inger Servolin qui décrit précisément l'aventure SLON-ISKRA, pour l'interview de Catherine Belkhodja qui relate sa relation avec Chris Marker et pour l'édition d'une brève correspondance au sujet du Train en marche]

Maroussia VOSSEN, Chris Marker (le livre impossible), Paris: Le Tripode, 2016, 128p.
[livre hommage de la "fille adoptive" de Chris Marker]
[interview ICI ​]



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Barthlomiej WOZNICO, Anastassia ELIAS, Chris Marker, le Cinéma et le Monde, Paris: Dos Ane, 2018, 45 p.
[livre pour enfants sur Chris Marker et son oeuvre. Une très bonne et agréable introduction pour la jeunesse]





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Revue CinémAction n° 165 (12/2017): Chris Marker: pionnier et novateur.
[Dossier spécial Chris Marker sous la direction de Kristian Feigelson avec quelques articles d'intérêt]





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Revue Esprit  (05/2018): Les engagements de Chris Marker.
[Dossier spécial Chris Marker paru à la suite de la rétrospective Cinémathèque française. Excellent article de François Crémieux, à lire! Le tout accessible sur le site web de la revue, ici]





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Barthlomiej WOZNICO, Anastassia ELIAS, Chris Marker, le Cinéma et le Monde, Paris: La Cinémathèque française, 30/05/2018, 400 p.
[ouvrage de référence, en particulier pour ce qui concerne la jeunesse de Marker et sa première période. On regrettera l'absence d'étude de fond sur Marker et la vidéo, mais on adore la présentation et la mise en valeur de la très riche illustration. Une réussite!]





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Arnaud Lambert / Jean-Marie Barbe, Chris Marker, Never Explain, Never Complain, Paris: Doc Net Films éditions, 21/02/2018, DVD, 146 min.
[Première et unique biographie filmée à ce jour, mais terriblement décevante pour cause de vision simplificatrice d'un Chris Marker uniquement cinéaste, à l'encontre de la vision actuelle d'un artiste complet à l'oeuvre protéiforme. Déception totale! On est retourné 20 ans en arrière...]
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Vincent JACQUES, Chris Marker, les médias et le XXe siècle: le revers de l'histoire contemporaine, Paris: Créaphis éditions, 12/07/2018, 399 p.






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Vincent JACQUES (dir.), Chris.Marker.Photographie, Paris: Créaphis éditions, 13/09/2018, n/a p.
[cet ouvrage collectif est en fait les "actes" de la Journée d'étude "Chris Marker et la photographie" qui s'est tenue à l'Institut national d'histoire de l'art (INHA), à Paris, le 28 mai 2016 (web)]
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Jeune cinéma, n° 390 (09/2018)
[dossier spécial Chris Marker, en parallèle de la rétrospective Cinémathèque française]





​​

  • en italien:

Bernard EISENSCHITZ, Chris Marker, Festival de Pesaro, Rome: Dino Audino Editore, 1996, 182 p.
[nombreux articles traduits en italien pour chaque film et installations. Ouvrage incontournable!]

Viva PACI, Il cinema di Chris Marker. "Come une vivaio ai pescatori di passato dell'avvenire", Bologne: Hybris, 2005, 266 p.




Ivelise PERNIOLA, Chris Marker o del film-saggio, Torino: Lindau, 2003, 270 p. (réédition: 2011)







  • en japonais (et anglais):

Memories of the Future. Chris Marker's Travels and Trials, catalog of the Yamagata International Documentary Film Festival (Yamagata, October 10-17, 2013), 2013, 112 p.
[excellent catalogue, bien documenté]

KANEKO Yu, HIGASHI Chiho, Chris Marker: cinéaste nomade et engagé, Tokyo: Mori Shosha, 2014, 315 p.
[cet ouvrage a donné suite à un colloque qui s'est tenu en janvier 2015.
Il contient
plusieurs articles généraux sur l'oeuvre de Marker]

  • en portugais:

[varios], Bestiario de Chris Marker, Lisbonne: Livros Horizonte, 1986, 136 p.











Maria Dora Mourão / Rafael Sampaio (ed.), Chris Marker: bricoleur multimídia (mostra de filmes e vídeos), Rio de Janeiro, Brasília e São Paulo: Banco do Brasil, 2009, 164 p.
[que constou de 33 trabalhos entre filmes, vídeos e séries de TV. O evento aconteceu no Rio de Janeiro (26 de maio a 7 de junho), Brasília (16 a 28 de junho) e São Paulo (24 de junho a 5 de julho), de 2009, sempre no Centro Cultural Banco do Brasil dessas cidades]

Leonel Nicolau Bruno DE ALMEIDA, Percursos da formação de Chris Marker: cinema militante, dissidência e profanação, these Escola de Comunicacoes et Artes, Sao Paolo, 2015, 309 p.


  • en tchèque:

DO revue pro dokumentarni film, n° 5 (2007)
[paru à l'occasion de la rétrospective Chris Marker de Prague, propose en plus de plusieurs articles de fonds (en tchèque ou en anglais, ainsi que la traduction en tchèque des entretiens accordés à Dolorès Walfish (p. 31-32) et à Annick Rivoire et Samuel Douhaire (p. 25-29), du commentaire de La Jetée - Rampa (p. 21-24) et d'un courriel de Chris Marker envoyé à David Cenek (p. 11). A noter, petite erreur web, que l'article "An Electronic Nomad Obsessed with the Truth and Memory" (p. 187-193) n'est pas de Chris Marker, mais de Kamila Bohackova]

David Cenek, Chris Marker, Prague: JSAF & NAMU, 2012, 424 p.
[outre une étude multiforme et à plusieurs mains sur l'oeuvre de Chris Marker, cet ouvrage comprend la traduction en tchèque des textes de Marker suivants: "L'Amérique rêve" (p. 51-63), "Soy Mexico" (p. 64-76) et "Pour Mario" (p. 239-247), ainsi qu'une bonne partie de l'interview parue dans Miroir du cinéma, n° 2 (mai 1962)]
[interview
ICI ]




  • en numérique (anglais):

www.chrismarker.org
[site "officiel" tenu par Daniel Potter, incontournable!]





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Quelques articles récents...


- Minchol CHA, Une poétique du regard, de la mémoire et de la réflexivité dans l'essai documentaire de Chris Marker, thèse en cours, Université Grenoble Alpes (sous dir. Didier Coureau)
- Nabil Hammoud, Sans soleil de Chris Marker: analyse d'une poétique de la mémoire (mémoire de master), Louvain: Université catholique de Louvain, 2017, 112 p.
- Maiara MASCARENHAS, Vera BORGES DE SA, Leonardo ALVES SIQUEIRA BURGOS, "Cinema, filosofia e fotografia em La Jetée (1962): uma reflexão sobre a despersonalizaçõ em Chris Marker" (Intercom - Sociedade Brasileira de Estudos interdisciplinares da Comunicação, XIX Congresso de Ciencias da Comunicação na Região Nordeste - Fortaleza, 29.06 - 01.07.2017), 2017, n.p.

  • Este artigo objetiva demonstrar como o uso criativo do cinema na obra de Chris Marker, intrinsecamente marcado por uma despersonalização do seu lugar de autor e também do seu lugar de cineasta, é capaz de fornecer contribuições para três campos diversos do saber: cinema, fotografia e filosofia. Para tanto, através dos conceitos de “desterritorialização” (Gilles Deleuze e Félix Guattari, 2012); “aniquilamento de si mesmo” (Maurice Blanchot, 2011) e “grau zero da escrita” (Roland Barthes, 2004), conduziremos uma discussão teórica a respeito do procedimento de despersonalização voluntária em Chris Marker. Além disso, analisaremos o caráter híbrido do cinema markeriano a partir das relações entre cinema, fotografia e filosofia no filme La Jetée (1962).

- Ilona HONGISTO, "A Documentary Fable", Soul of the Documentary: Framing, Expression, Ethics, n° 2 (2015), p. 49-64

  • Chris Marker’s The Last Bolshevik (Le Tombeau d'Alexandre / France, 1993) is a documentary film about the late Soviet filmmaker Alexander Medvedkin and his century. Marker’s film discusses an era through the portrait of one man, and it fashions Medvedkin’s portrait with photographs, film stills, and film fragments that belong to the Soviet century. Archival documents from Medvedkin’s epoch intertwine with six letters that Marker directs at Medvedkin on the soundtrack...

- Julia FAGIOLI, "O cinema de Chris Marker e o duplo gesto de retomada em O fundo do ar é vermelho", DEVIRES. Cinema e humanidades, n° 12(1) (janvier-juin 2015), p. 28-51
​- Bruce CUMINGS, "Violet Ashes: a Tribute to Chris Marker", Positions: East Asia Cultures Critique, vol. 23(4) (2015), p. 729-742

  • This essay examines the destructive air war over North Korea from 1950 to 1953 and asks why this enormous atrocity is either unknown or forgotten in the United States, while it remains a burning memory in North Korea—one that deeply affects Korean attitudes toward US citizens. The essay highlights the remarkable work of Chris Marker, who died in 2012, one day after his ninety-first birthday. A well-known photographer, filmmaker, and artist, he visited the North four years after the air war ended and published a remarkable book of photos—one that also remains unknown or forgotten. In passing, he remarked that “extermination passed over this land.”
- Hervé SERRY, "Lectures biographiques et consécrations croisées: pourquoi Chris Marker faitl-il de Jean Giraudoux un écrivain de toujours?", Mémoires du livre, n° 7(1) (autumn 2015), n.p.
  • Cet article examine un moment important, mais peu analysé, de l’oeuvre de Chris Marker : la publication de son essai Giraudoux par lui-même (1952). Cet essai, dans le contexte singulier des années d’après-guerre en France, marquée par l’hégémonie intellectuelle de Jean-Paul Sartre et de ses proches, permet d’interroger les prises de position de Chris Marker. Pourquoi cette entreprise de patrimonialisation de Giraudoux est-elle menée à cette période? Que révèlent cette relecture de Giraudoux, alors un écrivain oublié, et sa réception par la critique, au regard du parcours de Chris Marker, et des positions de ses alliés d’alors, la revue Esprit et les Éditions du Seuil (l’éditeur du livre dans la série « Écrivains de toujours »)?
- Julia GONCALVES DECLIE FAGIOLI, "O arquivo e o sonho: a montagem como processo de mediaçao em Sem Sol de Chris Marker", Galáxia, vol. 14(27) (july 2015), p. 160-171
  • O que propomos, no presente artigo, é pensar a montagem – e, mais especificamente, a montagem de imagens de arquivo – como processo de mediação entre as imagens e o espectador. Para isso, recorremos às ideias de Georges Didi-Huberman para refletir sobre as imagens do sonho e as imagens de arquivo. Ambas – cada uma à sua maneira – carregam vestígios da memória e possuem caráter lacunar. Apenas quando são articuladas no sonho, ou na montagem – no caso do cinema documentário – que se configura um novo sentido. Analisaremos Sem sol de Chris Marker, em que as imagens de arquivo são montadas de forma a proporcionar uma reflexão sobre a memória e a história. O filme é construído com imagens de arquivo e leituras de cartas de um cinegrafista viajante, o que confere à narrativa um caráter imaginativo, característica essencial da lembrança e da memória.
- Romain LECLER, "Chris Marker, le sceau du secret", Genèses, n° 98 (2015), p. 131-147
  • Comment faire sens du refus d’entretien d’un enquêté incontournable? Lors d’une recherche sur les cinéastes militants des années 1970, nous n’avons pu rencontrer le documentariste Chris Marker qui a détaillé dans un courriel les raisons de son refus. Décédé en 2012, son refus nous a semblé, a posteriori, riche de sens et nous l’avons interprété en formulant deux hypothèses solidaires. La première, c’est le refus du stigmate. Quoique pionnier et acteur crucial du cinéma militant, Chris Marker a refusé d’être associé au dogmatisme qui le caractérisait et a toujours fait primer l’autonomie artistique. La deuxième, c’est son obsession du secret et de l’enchantement. Le collectif de cinéma militant qu’il a fondé et animé lui conférait une certaine invisibilité tout en procédant d’un principe d’organisation fortement charismatique.
- Didier COUREAU, "Chris Marker: l'avenir du souvenir, le souvenir de l'avenir, la mémoire de l'immémoire", Les Cahiers du Musée national d'art moderne, n°131 (printemps 2015 / Paris), p. n/a
- Shiho AZUMA, Villes ouvertes. La flânerie dans les images urbaines de Chris Marker, (thèse soutenue le 06 décembre 2014 à Paris 3)
  • Chris Marker, (1921-2012) qui photographie et filme des lieux divers dans le monde entier, avait pour thème de prédilection la ville. En effet, ce lieu de circulation et de mobilité, dépassant toutes les clôtures, se prête particulièrement aux œuvres markériennes, caractérisées par l’entrecroisement de différents espace-temps, et par l’expérience de l’altérité. En étant à la fois cinéaste et voyageur, les images de la ville capturées par Marker se caractérisent par le déplacement, en particulier par l’expérience de la flânerie, qui constitue un élément essentiel de la réflexion philosophique sur la ville moderne de Walter Benjamin (1892-1940). Pour cette raison, cette thèse est consacrée à l’analyse des œuvres de Marker autour du thème de la flânerie. Ainsi, au cours de trois parties, nous travaillerons des concepts reliées à la flânerie : le seuil, l’allégorie, et le chiffonnier. Ces travaux thématiques nous aideront à comprendre la stratification complexe de l’espace-temps, le caractère transitoire, et l’art de l’assemblage dans les images markériennes. Ces recherches sont finalement élargies à la notion de la navigation comme version renouvelée de flânerie, pour analyser l’espace de L’Ouvroir, le monde virtuel crée sur Second Life par Marker dans sa dernière période. Par conséquence, à la lumière des problématiques abordées par la flânerie, on comprend que la création artistique de Marker est fondée sur la quête continuelle de nouvelles expérience visuelles qui remettent en question la modernité et la représentation cinématographique.
- Pierre MURAT,Chris Marker, in memoriam", Médium, n°3 (2014), p. 46
- Kristian FEIGELSON, "Chris Marker, Carta de Sibéria (1958)", O Olho da Historia, n° 21 (dezembro 2014 - Salvador (Brésil), n.p. 
- Sylvain CAMPEAU,Chris Marker, Jon Rafman: sur notre rapport aux images", ETC MEDIA, n° 102 (2014), p. 66-69
- Matthew CROOMBS, "Loin du Vietnam: Solidarity, Representation and the Proximity of the French Colonial Past", Third Text, vol. 28(6) (2014), p. 489-505
  • This article examines the coalitional documentary by Jean-Luc Godard and the Left Bank group, Loin du Vietnam, from the perspective of their treatment of Algeria earlier in the 1960s. The author considers how SLON's first feature marks a departure from modern cinema's emphasis on colonialism as a source of existential malaise for the alienated bourgeois individual. Loin du Vietnam cultivates a pluralist aesthetic, which aims to make the North Vietnamese struggle directly intelligible within the currents of intellectual and industrial contestation taking place across France. After a close analysis of the film, however, the author also identifies strong points of continuity between the representations of Algeria and Vietnam, illuminating how the history of the former explicitly conditions the political consciousness through which Godard and the Left Bank presented the first war ever broadcast on television. Algeria recurs as nodal point of memory across militant French cinema's engagements with the ‘Third World’, and the article concludes by isolating Godard's work as a chief example.
- André BUENO, Elaine ZERANZE, "Os Pontos cegos da memória: linha de força da teoria critica na montagem do foto-romance La Jetée, de Chris Marker", Revista Terceira Margem (Brésil), vol. 15(4) (september 2014), p. n/a
  • Este artigo analisa a forma e o sentido do foto-romance La Jetée, de Chris Marker, uma experiência muito original na história do cinema moderno. O objetivo é mostrar as linhas de força do filme pelo ângulo da Teoria Crítica.
- Clara SCHULMANN, Les Chercheurs d'or: films d'artistes, histoires de l'art, Dijon: Presses du Réel Editions, 2014, 253 p.
  • "Les jeunes artistes ont un flair redoutable pour repérer les histoires à bout de souffle" écrit le critique d'art Brian O'Doherty en 1976. Dans le courant des années 1970, les images en mouvement prêtent main forte à un affranchissement: forger une alternative aux ambitions théoriques et politiques dominantes. Gordon Matta-Clark, James Benning et Chris Marker : trois manières de mettre en oeuvre, par le film, une pratique de l'évidement, du négatif, qui veille sur les objets déchus mais précieux. Le support filmique devient, entre leurs mains, la matière d'une expérience critique décisive
- Patrick TOLLE, "Effacing the Effaced: Chris Marker's collectivist period"Film International, vol. 11(1) (2013), p. 14-25
  • The film world suffered a great loss in August 2012 with the death of Chris Marker, a pioneer of the medium in many ways. An unfortunate refrain in many of the posts about him, however, was the recurring emphasis on the fact that his 1962 25 minute masterpiece La Jeteé provided the inspiration for Terry Gilliam’s Twelve Monkeys (1995) – which is true, but inordinately diminishes Marker’s other monumental achievements on film. Some RIPs mentioned Sans soleil (1983), but only a handful of sites seemed familiar at all with his wider body of work. Marker’s oeuvre ran broad and deep, and even then much of his most interesting work was made when he dissolved his public persona into film-making collectives.
- Carolina AMARAL DE AGUIAR, "Chris Marker et l’Amérique latine: cinéma militant et circulation des idées politiques", Cinémas d’Amérique latine, n° 21 (2013), p. 4-16
  • Cet article analyse les échanges entre Chris Marker et des institutions et réalisateurs latino-américains dans les années 1960 et 1970. En plus de sa collaboration à leurs productions, il réalisa de nombreux films qui abordent les processus politiques de l’Amérique latine, en particulier la révolution cubaine et l’“expérience chilienne”. Marker établit souvent des parallèles entre ces processus et la situation politique de son propre pays, il s’en sert pour penser de possibles chemins vers le socialisme.
- Carolina AMARAL DE AGUIAR, "Chris Marker: un regard sur le Chili", Cinémas d’Amérique latine, n° 21 (2013), p. 17-21
  • Ce témoignage de Chris Marker a été envoyé à Carolina Amaral de Aguiar en octobre 2011, lors de l’élaboration d’une thèse de doctorat en histoire sociale. Le réalisateur évoque son intérêt pour le Chili pendant le gouvernement de l’Unité populaire, ainsi que les films sur ce pays auxquels il a participé après le coup d’État de Pinochet.
- Carolina AMARAL DE AGUIAR, O Chile na obra de Chris Marker: um olhar para a Unidade Popular desde a França, these Faculdade de Filosofia, Letras e Ciências Humanas, Sao Paolo, 2013, 389 p.
  • This work analyses the Chris Markers films that inquired about the Popular Unity in the 1970s. Among the productions approached, two of them have been reassembled from other Chilean documentaries that had been made during the Salvador Allendes government: La Première année (1973) and On vous parle du Chili: ce que disait Allende (1973). Furthermore, three other films by Chris Marker have analysed this subject: La Spirale (1976), The Embassy (1974) and The grin without a cat (1977). By studying his filmography, this research could identify the narratives strategies that had been used by the director, as well as the political discourse elaborated by them. The reflections about the corpus allowed verify how the interest for this Chilean process, viewed from France, has emerged from an empty space left by the usual delusion given by an earlier reference that had motivated the French left during the 1960s, also gone from Latin-American: the Cuban Revolution. So, we chose to also include in the research the Markers productions came from the relationship between this director and the Instituto Cubano del Arte e Industria Cinematográficos (ICAIC): Cuba si (1961), La Bataille des dix millions (1970), On vous parle du Brésil: tortures (1969) and On vous parle du Brésil: Carlos Marighela (1970). The analysis of the films-selected shows that, during the UPs years in the power, there was a wish to approach Chile and France by valorising the Chileans way to the socialism and pointing it as a possibility to the European New Left. However, after the coup détat in 1973, this attempt has been revised and the Chilean experience has been used to elaborate lectures that pointed a legacy and lessons from the follow of Popular Unity. In this sense, the Markers productions denounce the rights actions to overthrow Allende, as well as built a self-criticism vision to indicate the lefts mistakes that had collaborated to the defeat. This wish to show a legacy and lessons has dialogued with the expectations of a Frenchs left that had have a common government programme tightly inspired in the Chileans UP ones, but that has required a revision after the failure of its Latin-American reference. From this point of view, this thesis proposes a study based on the circulation of cultural and political ideas between Latin American and France that delegated to this continent a central role in this relationship during the 1960s and the 1970s, and assigned to Chris Marker the function of a cinematographic mediator.
- Séverine GRAFF, "Histoire discursive du "cinéma vérité": techniques, controverses, historiographies (1960-1970), thèse de doctorat, Lausanne: Université de Lausanne, 2013, 483 p.
- Mathilde FORISSIER DE SOOS, Le Rôle du montage dans l’œuvre de Chris Marker, mémoire de Master EHESS, 2013, p. n/a
- Marie RENOUE, "Au Rencontres de la photographie d'Arles 2011: les Coréennes", Communication, n° 31(1) (2013), en ligne
  • Associant les approches sensible et médiatique de la sémiotique et de la communication, l’auteure propose une étude du contexte et des dispositifs de médiation modalisant la présentation et la réception des Coréennes de Chris Marker exposées à Arles en 2011. Festival, distribution et disposition des photographies sont analysés pour tenter de définir les traitements des différentes valeurs en jeu et les modalisations potentielles des parcours des visiteurs.
- Beatrice FERRARA, "The Otolith Group's Monuments to Dead Television. Independent Cinema and the Migrant Experience in Europe between Television and the Museum", Cinema Journal, n° 3(1), Fall 2013, p. 48-74
  • Monument to dead television is the expression the British collective The Otolith Group uses to define its activity of recuperating long-lost quality films, and re-screening them in contemporary art museums and gallery spaces. What these films share is a cinematic vocation and a complex approach to the question of memory and migration in Europe, and to the role of images as testimonies or documents. This essay explores The Otolith Group’s interest in such forgotten archives of modern television in order to unearth their significance for contemporary museums today.
- Tainah NEGREIROS OLIVEIRA DE SOUZA, A memória recriada: história e imagem em La Jetée (1962) e Sans Soleil (1982) de Chris Marker, these Escola de Comunicacoes et Artes, Sao Paolo, 2013, 94 p.
  • The research is dedicated to analyze the relation between History, memory in the cinema of the french director Chris Marker, specially the films La Jetée and Sans Soleil. We investigated the aesthetics conception of films and historical aspects that influenced them. The work is divided into three parts. The first one investigates La Jetée and the construction of memory representation made by the director in an era of catastrophe. The second part is dedicated to analyze Sans Soleil, its reflective nature and the way the director treats the theme of memory, the relation with images of the past and the social mobilizations experiences of the second half of the twentieth century. The third part is a comparative study of the two films and the issues that remain and change in the representation of memory.
- Geneviève Van CAUWENBERGE, Jeremy HAMERS, "De quelques retours de M. Chat: historiographie politique dans Le Fond de l’air est rouge", Revue électronique de litterature française, n° 6(1) (octobre 2012), p. 37-47
  • Dans son film de montage Le Fond de l’air est rouge, Chris Marker compile un ensemble de représentations hétérogènes issues d’une décennie de luttes (ouvrières, étudiantes, indépendantistes, etc.) dans le monde. Par l’assemblage de ces images, le cinéaste déploie une historiographie a priori mélancolique et défaitiste. Le présent texte entend dépasser cette interprétation unilatérale de la critique politique des images pour y identifier les traces d’un retour chronique à l’espoir militant.     
- José Eduardo KAHALE, "O Cinema sem pelicula de Chris Marker. A Farewell to Movies", 5o Congresso de Estudantes de Pos-graduaçao em Comunicaçao (CONECO), 24-26 de outubro de 2012, en ligne
  • O objetivo deste trabalho é explorar aspectos relevantes da criação multimídia de Chris Marker, considerado como um dos mais importantes cineastas e artistas da cibercultura contemporâneo. Nosso enfoque está voltado, em particular, na investigação, de forma introdutória, de seus projetos multimidiáticos e digitais expostos nos principais museus do mundo como: Zapping Zone  (1991); Silent Movie  (1995); Immemory  (1997); Owls at noon prelude: the hollow men  (2005) e da Ilha de Ouvroir no espaço vitual Second Life. Um dos mais notáveis pesquisadores da audivisibilidade na época contemporânea, Marker combina de forma singular elementos intertextuais e trasmidiáticos, par a migrar a forma ensaio para seus projetos audiovisuais na cibercultura
- Irina ILDIKO CSAPO, The Film Still at the Intersection of Cinema and Photography, London: University of Westminster, 2012, 42 p.
- Jennifer STOB, "Cut and Spark: Chris Marker, André Bazin and the Metaphors of Horizontal", Studies in French Cinema, n°  12(1) (2012), p. 35-46
  • This article traces the positions taken by prominent critic and film theorist André Bazin on the film-making of Chris Marker. In a series of reviews written between 1954 and 1958, Bazin identified a sweeping transformation at work in Marker's documentaries: film's paradigmatic transformation from a sovereign visual experience into a medium amongst other mass media, subservient to the strictures of text and cultural context. Over this four-year span, Bazin developed some key rhetorical metaphors in an effort to capture the promise and the menace of Marker's innovative montage technique. A close examination of the metaphors Bazin used reveals his appreciation of this dialectical process on celluloid, but also his dismay at the diminution of cinema's imagistic power that he felt such a process necessarily entailed. In alerting his readership to the damages film incurred when its image and its text (on the soundtrack or in subtitles) were set in radical equilibrium, he exposed Marker to a compelling kind of 'friendly fire', and exposed the extent of his own engagement with filmic realism at the same time.
- Alice BEJA, Goffredo FOFI, "Chris Marker, poète des essais cinématographiques"Esprit, n° 10 (2012), p. 133-135
- Hervé PICHERIT, "Une madeleine peut en cacher une autre: un dialogue mythique sur le Temps entre Marcel Proust, Alfred Hitchocock et Chris Marker"French Studies, n° 66(2) (2012), p. 193-207
  • La Jetée et Immemory, œuvres de Chris Marker, réalisent un lien des plus inattendus entre À la recherche du temps perdu de Marcel Proust et Vertigo d'Alfred Hitchcock. En nous interrogeant sur la nature des ‘Madeleines’ se trouvant dans ces deux œuvres, Immemory indique l'enjeu du raccord qu'opère La Jetée. Car l'œuvre hitchcockienne, comme la proustienne, recèle une philosophie unique du souvenir. Tandis que Vertigo présente une Madeleine qui, agissant sur les structures du temps, tente d'attirer et Scottie et le spectateur dans son infinité néfaste, la Recherche met en scène une madeleine menant, certes, au temps retrouvé, mais aussi au-delà des pièges d'une souvenance trop servile à elle-même. Le lien que permet La Jetée assure tout d'abord l'enrichissement mutuel des univers proustien et hitchcockien, mais il ne constitue ni une synthèse de ces philosophies, ni une quelconque définition du concept de la ‘Madeleine’. Marker établit, au contraire, un dialogue transtextuel qui, d'après les critères d'Émile Durkheim, de Claude Lévi-Strauss et de Friedrich Wilhelm Schelling, participe de la création mythologique. Grâce à l'influence de La Jetée et d'Immemory, la ‘Madeleine’ serait donc devenue un élément mythique qui, tout en étant né des œuvres proustienne et hitchcockienne, est indépendant d'elles.
- Jan BAETENS, "From Caméra-Stylo to Photobook: on Chris Marker's Staring Back", Cinémas: revue d'études cinématographiques, vol. 23(1) (2012), p. 113-132
  • Dans cet article, l’auteur propose une analyse des travaux photographiques de Chris Marker, plus particulièrement de son projet Staring Back (qui est à la fois une exposition et un livre publié en 2007). Cette oeuvre peut se lire comme une synthèse en images fixes de la carrière cinématographique d’un auteur qui s’est toujours efforcé d’explorer les limites instables entre image fixe et image mobile, comme dans son film-culte La Jetée (1962) ou dans des productions telles que Si j’avais quatre dromadaires (1966) ou Le Souvenir d’un avenir (avec Yannick Bellon, 2001). L’auteur appuie son analyse sur trois éléments: 1) le concept markérien de «superluminal», qui renvoie à une technique consistant à détacher certaines images fixes du flot d’images mobiles, 2) les débats plus ou moins récents sur l’intermédialité, à l’intérieur comme à l’extérieur des études du cinéma, et 3) la notion de cinéphilie, entendue ici comme une certaine façon de combiner écriture verbale et écriture filmique. Ces trois éléments l’aident à soutenir une lecture rapprochée de Staring Back, qui met fortement l’accent sur les enjeux politiques du regard, d’une part, et sur les rapports entre artiste et modèle, d’autre part.
- Roger LUCKHURST, "Martian montage: Chris Marker’s SF", Science Fiction Film and Television, vol. 5(2) (2012), p. 273-286
- Drake STUTESMAN, "Without Words, What Are Facts?: Looking at Susan Howe Looking at Marker", Framework: The Journal of Cinema and Media, n° 53(2) (2012), p. 429-466
- Martin PALÚCH, "Image–Time in the Chris Marker’s Photo-Novel The Pier (La Jetée, 1962) (Obraz-cas vo foto–románe Chrisa Markera Rampa)"Slovenské divadlo, n° 4 (2012), p. 435-444
  • The study deals with and analyzes temporal relationships reflected in technical images – still photographs and films. It describes the means of how the visual elements in both, photography and film shot relate to the perception of subjective, artistic and intrinsic time. On the example of the French film / photo-novel The Pier (directed by Chris Marker, 1962), the author of this paper derives the variable temporal relationships, captured in the still image of a single photograph and subsequently as part of a photography series, or in a single film frame, and then within the larger narrative unit sor in other words within the sequences of shots. At the same time, on the examples of the film and in accordance with the theoretical concepts of Gilles Deleuze (1985), the author defines immediate time-image, based on the simultaneity of three implicated presents: a presence of the past, a presence of the present and a presence of the future.
- Patricio GUZMAN, "Lo que debo a Chris Marker"Nuevo texto critico, n° 24(1) (2011), p. 61-68
- François LEPOINTE, "The Elephants at the End of the World: Chris Marker and Third Cinema", Third Text, vol. 25(1) (january 2011), p. 93-104
  • In March 1967 Chris Marker attended a screening of Loin du Vietnam (Far From Vietnam) in support of the long strike at the Rhodiaceta factory that year. From 1967 to 1977 Marker worked with the SLON collective, workers and other film‐makers both on militant films during the events of May 1968 and, equally importantly, on counter‐information films in solidarity with the struggle of the Third World revolutionary movements. These films, which do not separate political content from aesthetic enquiry, demonstrate Marker's aesthetic in which editing represents a political stake. By pushing back the limits of the language of film, rejecting a classical aesthetic and bringing about an encounter between the film‐maker and the filmed through the gaze, Chris Marker makes his work political.
- Celina LOPEZ SECO, "La Experiencia como categoria en el cine de Chris Marker", Doc On-Line: revista digital de cinema documentário, n°11 (dezembro 2011), p. 159-172
  • O texto pretende discutir o trabalho de Chris Marker, no filme Sans Soleil/Sin Sol (1982), como um modo de construir conhecimento através da interpelação das imagens com a noção de experiência proposta por Charles S. Pierce. Nesse cruzamento entre a experiência e a interpelação das imagens, apresentamos a singularidade do cineasta francês na sua conceção do cinema enquanto arte e como prática do pensamento.
- Nadine BOLJKOVAC, "Signs without Name", Deleuze Studies, vol. 5(2) (2011), p. 209-240
  • This paper argues that Chris Marker's 1982 film derives its affective force from doublings and faces of horror and beauty that reveal a twofold synthesis of actual and virtual. While a focus upon the material, ever in relation to transient yet lingering sensations, cannot discharge the power and force of the film, this paper endeavours nevertheless to assess and evoke Marker and Deleuze's own interrogative methods that thoroughly explore, in the manner of a revelatory schizoanalysis or empiricism, molecular and variable operations beneath our molar structures and organisations. As 's voiceover states, If they don't see happiness in the picture, at least they'll see the black, a provocative remark that invokes indefinable singularities and the darkness of a wound, cracking of time and splitting of self in film, life and death. Considerations of death, consciousness and subjectivity extend this paper's examinations.
- Antoine COPPOLA, "Moranbong, un film français en Corée du Nord", Modern & Contemporary France, vol. 19(3) (2011), p. 329-343
  • Armand Gatti, sur le point de devenir le célèbre dramaturge avant-gardiste que l'on connaît, a effectué en 1958 un voyage en Corée du Nord en compagnie de Claude Lanzmann, Chris Marker et Jean-Claude Bonnardot. Ce sera le premier voyage d'intellectuels français dans ce pays. Sur place, au cœur d'une crise politique qui agite le pays, il écrit le scénario du film Moranbong réalisé par Bonnardot. En se proposant de lier une histoire d'amour en Corée du Nord sous le regard d'un journaliste français et les répétitions de l'opéra coréen Chunhyang, Gatti crée un film unique en son genre. Dans ce film, longtemps disparu car censuré lors de sa sortie, on retrouve les réflexions de Gatti sur les régimes politiques et le destin des hommes, sa volonté d'inventer un nouveau rôle pour l'artiste et l'art, l'influence de la pensée existentialiste sartrienne et camusienne et sa fascination pour les arts d'Asie.
- Emi KOIDE, Por um outro cinema - jogo da memória em Chris Marker, thèse Instituto de Psicologia, Universidade Sao Paolo, 2011, 253p.
This thesis is a critical treatment of images and their relationship to memory and incontemporary social history, specifically the influence of the mass media where audiovisual media aredominant in industrial culture. Mainstream audiovisual production creates consensus of memoriesand accepted history by imposing standardization of experience, in contrast this thesis focuses on ananalysis of a different practice within cinematography which, through developing critical reflection,highlights how human perception has changed due to the adoption and influence of new technologies:ideas put forward by Benjamin in his essay The Work of Art in the Age of Its Technical Reproducibility. Miriam Hansens interpretation of mimicry, developed by play and similarity, is astarting point for this thesis. Herein it is proposed that cinema has the ability to free itself from endlessand perverse repetition, establishing between humans and technology a new relationship that is criticaland non-destructive. By investigating the syntax in Chris Marker films, which consider history andimages, this thesis aims at a possible working-through process as to how cinema could enablememory. Benjamins writings about cinema and history are explored by analysing Markers films, photographs and texts; understanding is sought through the manner of his articulation of image andsound. In Markers films, the purpose is to fairly convert the cinema into an antidote againstrepression, by turning his cameras on the illusions and denouncing those same production methodsused to make false images and history. The montage of his images mimics a creative memory, anarrangement of sounds and images that create dialectic connections; his work awakens what had beenforgotten and provokes reflection.
- Peter KRAVANJA, "Introduction", Image and Narrative: Online Magazine of the Visual Narrative, vol. 11(1) (january 2010), p. 1-2
  • Pour ce deuxième numéro consacré à l'œuvre signé Chris Marker, j'ai le plaisir de présenter aux lecteurs les contributions (par ordre alphabétique) de Christa Blümlinger, de Sarah Cooper, de Matthias De Groof, de Sylvain Dreyer, de Sarah French, d'Adrian Martin et de Susana S. Martins.
- Emi KOIDE, "Le Japon selon Chris Marker"», Appareil , n° 6 (2010), en ligne
  • Cet article propose de réfléchir sur le statut du Japon, en tant que territoire où se croisent la mémoire, l’imaginaire, le temps et l’espace – lieu de l’Altérité et du dépaysement – dans les œuvres de Marker, notamment : Le mystère Koumiko (1965), Sans Soleil (1982), Le Dépays (1982), Level Five (1997). Il s’agit d’analyser comment ces œuvres nous donnent une vision du Japon de l’après-guerre, affligé d’une amnésie collective et par la présence des images médiatiques.
- Christa BLÜMLINGER, "The Imaginary in the Documentary Image: Chris Marker's Level Five", Image and Narrative: Online Magazine of the Visual Narrative, vol. 11(1) (january 2010), p. 3-15
  • Cette approche de Level Five de Chris Marker voudrait saisir le statut théorique des mots et des images "trouvées" que le cinéaste intègre dans une recherche "semi-documentaire", à l'intérieur d'un dispositif lié aux nouveaux médias. Plutôt que de les considérer comme purs documents, Marker s'intéresse à leur dimension imaginaire et discursive. Il les intègre dans une écriture fragmentaire comparable aux formes modernes de littérature et d'historiographie. Ainsi le mot "Okinawa" est-il à l'origine d'une recherche de nom, de discours, d'iconographie et de mythe. Dans le film, le discours sur les morts se réfère aux rituels du souvenir et du refoulement; dans l'analyse du film, les images prennent la forme correspondante de ce travail: la répétition et l'arrêt. Chez Marker, la notion d'archéologie prend sa dimension foucaldienne, dans la mesure où il considère les faits de discours (et d'images) non point comme documents, mais comme monuments.
- Sarah COOPER,Montage, Militancy, Metaphysics: Chris Marker and André Bazin", Image and Narrative: Online Magazine of the Visual Narrative, vol. 11(1) (january 2010), p. 16-28
  • This article focuses on the relationship between the work of André Bazin and Chris Marker from the late 1940s through to the late 1950s and beyond. The division between Bazin's Right Bank affiliation with Les Cahiers du Cinéma on the one hand, and Marker's Left Bank allegiances on the other, is called into question here as my argument seeks to muddy the waters of their conventional ideological separation a cross the river Seine. Working alliteratively through Marker's wellknown talent for deft montage along with his militancy, I consider Bazin's praise for Marker's editing technique in spite of famously expressing a preference elsewhere for the long take, and deep focus cinematography and I address their political differences and convergences. Yet I also explore the rather more unexpected question of metaphysics in order to further emphasize a closer relationship between these two figures. I chart the emergence of an enduring spiritual bond between critic and filmmaker that surfaces first in Marker's writings for the left wing Catholic journal L’Esprit, but that continues beyond Bazin's death, in Marker's two films made on the crest of the French New Wave: Le Joli Mai and La Jetée.
- Matthias DE GROOF, "Statues Also Die - But Their Death is not the Final Word", Image and Narrative: Online Magazine of the Visual Narrative, vol. 11(1) (january 2010), p. 29-46
  • A l'instar de personnes comme Césaire, Sartre et Howlett, Chris Marker cultiva l‘espoir, en 1953, que les artefacts africains puissent sortir du strict cadre des musées. Dans le film Les Statues meurent aussi (1950-53), Marker, en tant que réalisateur et scénariste, secondé par Resnais, comme co-réalisateur, Ghislain Cloquet comme directeur de la photographie et Guy Bernard comme compositeur, se donna pour mission de contester le regard figé prédominant sur les artefacts africains. Quel regard porte sur l‘art africain Les Statues meurent aussi de Marker ?
- Sylvain DREYER, "Autour de 1968, en France et ailleurs, le fond de l'air était rouge", Image and Narrative: Online Magazine of the Visual Narrative, vol. 11(1) (january 2010), p. 47-63
  • La réception du Fond de l’air est rouge (1978-2008) de Chris. Marker en a fait un emblème de Mai 68, événement auquel il accorde, il est vrai, une large place mais pour en proposer une analyse contrastée: dans ce film en forme de retour mémoriel sur les années «rouges», Marker met en perspective l’engagement politique de sa génération et affronte la question des relations entre les mouvements français et les luttes du Tiers-monde. La solidarité affirmée par les militants français est souvent restée une déclaration d’intention, et la fascination pour les révolutions étrangères a dans l’ensemble joué le rôle d’un substitut, face à une situation politique locale jugée décevante. Cependant, Le Fond de l’air est rouge reste tributaire de l’esprit de Mai, notamment dans ses modes collectifs de réalisation et d’énonciation qui permettent une redéfinition de l’œuvre engagée au sein de l’ère du soupçon.
- Sarah FRENCH, "If they don't see happiness in the picture at least they'll see the black: Chris Marker's Sans Soleil  and the Lyotardian Sublime", Image and Narrative: Online Magazine of the Visual Narrative, vol. 11(1) (january 2010), p. 64-81
  • This paper examines Chris Marker’s film Sans Soleil in relation to Jean-François Lyotard’s theory of the sublime. Through an analysis of the film’s representation of memory, time and temporality it will argue that Marker’s film effectively “invokes the unpresentable in presentation itself” (Lyotard, 1992: 15).
- Adrian MARTIN, "Crossing Chris: Some Markerian Affinities", Image and Narrative: Online Magazine of the Visual Narrative, vol. 11(1) (january 2010), p. 82-91
  • This essay creatively explores a group of artists, writers, and other special individuals whose work or life story can be described as having an intriguing affinity with the protean career of Chris Marker. Avoiding the ‘usual suspects’ (such as Godard or Sebald), it discusses gossip columnist Milt Machlin, record collector Harry Smith, painter Gianfranco Baruchello, writer-filmmaker Edgardo Cozarinsky, and several others. From this constellation, a particular view of Markerian poetics emerges, touching upon the meanings of anonymity, storytelling, history and archiving.
- Susana S. MARTINS, "Petit Cinéma of the World or the Mysteries of Chris Marker", Image and Narrative: Online Magazine of the Visual Narrative, vol. 11(1) (january 2010), p. 92-106
  • De 1954 à 1958, Chris Marker fut rédacteur de la collection de livres de voyage Petite Planète, qui offrait une alternative aux guides de voyage plus classiques. Cet article vise à accorder une attention toute particulière à l'aspect photographique de ces livres, et plus spécialement à leur composition essayistique. À partir de l'analyse spécifique d'une courte série de photographies incluse dans le livre sur le Portugal, je propose d'examiner le rôle central de l'essai dans l'œuvre de Chris Marker, non seulement comme parti pris esthétique, mais plus encore comme forme privilégiée d'engagement politique.
- Vered MAIMON, "Towards a New Image of Politics: Chris Marker's Staring Back", Oxford Art Journal, vol. 33(1) (january 2010), p. 83-101
  • This essay analyzes Chris Marker's recent exhibition and book of photographs Staring Back. This project joined together black and white photographs of political demonstrations from the 1960s to the present and portraits from Marker's oeuvre. Some of the images are actual photographs and some were extracted from Marker's film and video footage and altered digitally using Photoshop and Painter. The first part of the essay focuses on the way the 'people' are represented in these images in relation to current political philosophy, mainly the writings of Etienne Balibar, Giorgio Agamben, Jacques Rancière, and Gilles Deleuze's cinema books. The second part is concerned with individual portraits and the face in relation to Deleuze's concept of the 'affection image' and the cinematic close-up. The essay argues that what unites these two groups of images is an epistemological and political move beyond identity. On the one hand these images suggest 'a new politics of the image' because they indicate that 'virtuality' is not simply the outcome of the technological digital revolution in image production in which the indexical status of analogical photography is eliminated, but of a different way of thinking and making visual images beyond what Deleuze calls 'representation,' a form of thought that is based on notions of resemblance, truth, and identity. On the other hand they offer 'a new image of the people' because they show that in the current age politics can only exist beyond the realm of identities, precisely in the possibility, as Balibar argues, of creating transnational forms of citizenship.
- Anton GRANIK, Philippe ROZIN, "Sur Le Tombeau d'Alexandre (1992) de Chris Marker. Réflexion sur la dissolution révolutionnaire d'une personnalité artistique", Raisons politiques, n° 38(2) (2010), p. 91-104
  • Nous proposons dans cet article d'étudier Le Tombeau d'Alexandre de Chris Marker. Dans ce film, le cinéaste français met en scène la relation très particulière qu'il a entretenue avec le cinéaste russe Alexandre Medvedkine (particulièrement actif pendant la guerre civile de 1918-1921 et inventeur d'un nouveau format documentaire, le ciné-train). Le film de Chris Marker prend pour objet le cheminement intellectuel de son ami Medvedkine et mène une investigation sur les relations entre propagande politique et intégrité artistique. Il étudie tout particulièrement le parallélisme de destin et d'engagement politique entre Medvedkine et Vertov et aborde la question des conditions esthétiques de fabrication des images animées en insistant sur le rôle cardinal joué par la propagande, une propagande appréhendée comme une matrice indissociablement politique, biographique et esthétique.
- Jeff FORT, "Only (a) Memory Can Save us Now? The Instant of Death in Chris Marker's La Jetée and Maurice Blanchot's L'Instant de ma mort", Contemporary French and Francophone Studies, vol. 14(4) (september 2010), p. 391-399
- David FOSTER, "Where flowers bloom but have no scent: the cinematic space of the Zone in Andrei Tarkovsky's Stalker"Studies in Russian & Soviet Cinema, vol. 4(3) (2010), p. 307-320
  • While the mysterious Zone has frequently been the focus of narrative interpretations of Andrei Tarkovsky's Stalker, this article offers a metaphorical reading of the Zone as cinematic space. Following Chris Marker's adoption of the term ‘the Zone’ in his film Sunless, this reading considers the Zone poetically. By focusing on the reflexivity of the Zone's presentation of space through elements of framing, camera movement, colour and editing, this article considers the way it depends on a specifically cinematic construction of space and subjectivity. This approach to the Zone and its cinematic specificity aims to provide a better understanding of what is poetic in Stalker and how it works towards the poetic cinema to which Tarkovsky aspired.
- Leonel Nicolau Bruno DE ALMEIDA, Chris Marker e as barricadas da memória: comentários em torno de 'Le Fond de l'air est rouge', these Escola de Comunicaçoes et Artes, Sao Paolo, 2010, 222p.
  • This research aims, having as an leit-motif Chris Marker and the film Le Fond de l'air est rouge, making a historical retrospective of the major debates on the experience of French militant cinema, introductory in nature and serving as first notes to a critical interpretation of the film. Through this cinematics and politics adventure it trys to make a comment on a fragment of what is hidden behind the barricades of memory.
- Sarah COOPER, "Looking back, looking onwards: selflessness, ethics, and French documentary"Studies in French Cinema, vol. 10(1) (2010), p. 57-68
  • This article considers questions of documentary ethics in relation to the most recent films of Chris Marker, Agnès Varda and Raymond Depardon. I revisit my own arguments in Selfless Cinema? Ethics and French Documentary (Cooper 2006), in order to show how these directors continue to flesh out an approach to alterity that was already discernible in their earlier work, and that is still compatible with Emmanuel Levinas's ethics, albeit with a slight expansion of focus. In their late work most notably, Marker's Chats perchés/The Case of the Grinning Cat (2004), Varda's Les Plages d'Agnès/The Beaches of Agnes (2008), and Depardon's Profils paysans/Country Profiles (1998-2008) these film-makers seem concerned ever more poignantly with matters of mortality, their own and that of other people, along with the survival of the planet and its other inhabitants. While their future-directed anxieties connect with memories of the past to suggest that an exploration of time is key to an understanding of their filmic ethics, the most striking facet of these films is to be found in the intimate, spatial geographies that they construct. Crafted essentially on the basis of interaction with or observation of others, as well as the film-makers' own reflections on matters of life, death and the future, these films create vivid emotional landscapes of mortality and loss that unite interior and exterior worlds in a deeply subjective and personal vision that is also ethical.
- Peter KRAVANJA, "Introduction", Image and Narrative: Online Magazine of the Visual Narrative, vol. 11(1) (january 2010), p. 1-2
  • Démarrant sur l'idée répandue selon laquelle "Chris Marker, c'est un peu le plus célèbre des cinéastes inconnus", je me suis posé la question de savoir qui, de sa popularité ou de sa discrétion, l'emporterait... Or, force m'a été de constater avec joie, ces dernières années, lors de chaque parution d'un ouvrage universitaire ou de chaque exposition photographique ou multimédia, que l'oeuvre signé Chris Marker, à la fois multiple et unifié, devient de plus en plus connu, voire reconnu, par un public toujours plus large. En outre, de nombreux chercheurs ont répondu à l'appel de la présente revue pour ce numéro spécial qui lui est dédié, à tel point qu'il paraîtra en deux parties. J'ai donc le plaisir de présenter aux lecteurs, dans un premier temps, les contributions (par ordre alphabétique) de David Foster, de Thibaut Garcia, de Nicolas Geneix, de Barbara Laborde, de Suzanne Liandrat-Guigues et de Luc Vancheri.
- David FOSTER, "‘Thought-Images’ and Critical-Lyricisms: The Denkbild and Chris Marker’s Le Tombeau d’Alexandre", Image and Narrative: Online Magazine of the Visual Narrative, vol. 10(3) (2009), p. 3-14
  • This article considers the intersections and interactions of the poetic and essayistic in Chris Marker’s Le Tombeau d’Alexandre. It compares Marker’s film on Alexandre Medvedine to the Denkbild, or “thought-image,” a prose-poetry genre described by Gerhard Richter and practiced by Walter Benjamin. This comparison reveals both the resonances and contradictions that occur between the personal and the critical within Marker’s poetic essay-films. In doing so, this article suggests that one must regard Marker’s work as possessing a critical-lyricism that seeks to negotiate the difficulties of achieving the correct distance and perspective in the personally invested act of criticism.
- Thibaut GARCIA, "La Mémoire en jeu vidéo dans Level five (1996)", Image and Narrative: Online Magazine of the Visual Narrative, vol. 10(3) (2009), p. 15-28
  •  Aujourd’hui, la théorie des arts numériques s’articule presque toujours autour de la dichotomie réel/virtuel. L’univers des jeux vidéo est généralement perçu comme une réalité parallèle, le temps du jeu comme un temps réversible. Dans Level five, Chris Marker utilise les techniques informatiques en mettant en avant leur dimension «mémorielle» plutôt que «virtuelle»: conservant toute la mémoire du passé, le jeu vidéo sur la bataille d’Okinawa renvoie le joueur à sa propre mémoire ineffaçable et au caractère inéluctable de ce qui, dans la réalité, est «joué» une fois pour toutes. La mémoire informatique devient le double de la mémoire humaine.
- Nicolas GENEIX, "Micrologie de Chris Marker", Image and Narrative: Online Magazine of the Visual Narrative, vol. 10(3) (2009), p. 29-46
  • En s'appuyant sur la "micrologie" proposée par Adorno dans la Dialectique négative, cet article tente de caractériser un aspect de la démarche de Chris Marker, iconographe et écrivain. C'est en effet dans le singulier et la rareté documentaires que ce cinéaste sonde des échos historiques et culturels. Voyageur et photographe, il saisit et collectionne des fragments microcosmiques, les liant et les montant dans les cadres divers du livre, du film et des nouveaux médias.
- Barbara LABORDE, "Avatars de l'Histoire, Warburg et Marker", Image and Narrative: Online Magazine of the Visual Narrative, vol. 10(3) (2009), p. 47-58
  • Les démarches herméneutiques d'Aby Warburg dans Mnémosyne et de Chris Marker dans ses films de compilation Le Tombeau d'Alexandre et Le Fond de l'air est rouge, peuvent être rapprochées et étudiées conjointement afin d'envisager ce qui, dans ces travaux historiographiques, permet de mettre en oeuvre une nouvelle forme de construction mémorielle. La fragmentation, le montage des images et la réflexion sur les récurrences plastiques dans le montage cinématographique de Marker comme dans la démarche plasticienne de Warburg créent une vision du temps labile, délinéarisée, anachronique qui permet d'aborder l'Histoire comme une forme «intempestive», faite de résurgences, de rémanences, de «survivances». Les deux démarches tendent finalement à une réflexion sur les différents modes de réception des avatars de l'Histoire.
- Suzanne LIANDRAT-GUIGUES, "Un cinéma du territoire", Image and Narrative: Online Magazine of the Visual Narrative, vol. 10(3) (2009), p. 59-65
  • Chats perchés (2004) se présente comme une digression autour d'un graffiti amusant et comme une divagation parisienne qui se souvient des manife stations politiques récentes. Mais le film de Marker ouvre aussi à la pensée d'un nomadisme urbain et suggère la possibilité d'un cinéma du territoire.
- Luc VANCHERI, "L’oeuvre au miroir. Une journée d’Andrei Arsenevitch, Chris Marker", Image and Narrative: Online Magazine of the Visual Narrative, vol. 10(3) (2009), p. 66-72
  • Chris Marker films the last moments of Andrei Tarkovski’s life for the collection Cinéma, de notre temps. Une jounée d’Andrei Arsenevitch is neither a portrait nor a visual study, but rather a work of mirroring and reflection. The film is profoundly amicable. It shows, through a series of poetic figures, the strange bonds between man and his images. They do not look like him, but instead are implicit resemblances, correlating fiction and life, forms of idleness that feed all genuine inspiration.
- Didier BIGO, Armand MATTELARD, "La Spirale - entretien", Cultures et conflits, n° n/a (2009), p. 169-186
  • Le présent entretien a été réalisé à Paris, le 27 janvier 2008. Il porte sur La Spirale, un film d’Armand Mattelart, Jacqueline Meppiel et Valérie Mayoux en collaboration avec Chris Marker. Le film produit par Jacques Perrin (Reggane Films, aujourd’hui Galatée Films) compte également avec la participation de Jean-Claude Eloy (musique), de Jean-Michel Folon (décor et personnages du jeu), de l’acteur François Périer et du réalisateur mauritanien Med Hondo (tous deux voix off). 
- Anne BOURSE, "L’adresse du lointain. La mémoire au travail chez Michaux, Burroughs, K. Dick, Chris Marker et Ricardo Piglia", Trans: Revue de Littérature Générale et Comparée, n° 8 (juillet 2009), en ligne
  • Cet article analyse quelques variations de la formule épistolaire de Michaux: «Je vous écris d’un pays lointain…» Le dépliement d’autres figures de voyageurs tels que Burroughs (The Yage Letters), Philip K. Dick (Ubik), Chris Marker (Sans Soleil, Le Dépays) et Ricardo Piglia (Respiración artificial) révèle que le «lointain» se loge parfois au plus intime (du corps propre, d’une grammaire familière) et qu’il ne cesse de brouiller les frontières séparant habituellement les morts des vivants. Adressé depuis divers ailleurs, ce travail de la mémoire cherche autant à suturer qu’à creuser l’inquiétante disjointure des temps.
- Steve EDWARDS, "Commons and Crowds: Figuring Photography from Above and Below", Third Text, vol. 23(4) (2009), p. 447-464
  • Drawing on Marxist historiography, this essay examines the crowd as a marker for collective life in contemporary photography. In contrast to the mass media’s demonisation of the ‘mob’ and art photography’s evacuation of the crowd, it looks at three critical projects – Chris Marker’s Staring Back; Allan Sekula’s Waiting for Tear Gas (White Globe to Black); and Joel Sternfeld’s Treading on Kings: Protesting the G8 in Genoa – that present a ‘horizontal’ image of the crowd from below which disfigures the view from above.
- Nino POWER, "Why Do Some Images Begin to Tremble? Cinema Revisits Militant Politics", Film Quarterly, vol. 63(2) (December 2009), p. 23-30
  • ​This essay discusses three films which in different ways reflect on left-wing militancy in the late 1960s and 70s — Uli Edel's The Baader Meinhof Complex, Chris Marker's reissued A Grin Without a Cat, Barbet Schroeder's Terror's Advocate — and argues that Marker's is the most insightful.
- Ernesto GUEVARA FLORES, Aproximaciones a la historia y los esquimas teórixos del cine documental, Lima: Universidad Nacional Mayor de San Marcos, 2009, 145 p. (tesis em comunicacíon)
- Margaret C. FLINN, "Signs of the Times: Chris Marker's Chats perchés", Yale French Studies, n° 115 (january 2009), p. 93-111
- Diego ZAVALA SCHERER, La Poética del sujeto y el mito democrático americano: los documentales televisivos de la guerra de Irak, Barcelone: Universidad Pompeu Fabra, 2008, p. 292 p. (thèse de doctorat)
  • La presente tesis doctoral es una interpretación del documental televisivo como una narración que, aunque tradicionalmente se ha asociado a los, puede ser entendida como un producto audiovisual que también conforma una visión mítica de la actualidad. A partir de siete obras documentales sobre la guerra de Irak (todas producidas por cadenas de televisión estadounidenses), se cuestionan los mecanismos narrativos que estos filmes utilizan para ofrecer una visión del conflicto armado que promueve una lectura patriótica, de exaltación de los valores de la nación americana. El acto de representar la guerra a través del documental es un acto político, que aspira a servir de visión integradora, de imagen de una comunidad unida por los ideales bajo los cuales fue fundada; de este modo, este tipo de cine se aproxima más al mito y a la ficción, que al registro objetivo de la realidad al que aspira el paradigma periodístico que aún se asocia a este tipo de producto.
- Carol MAVOR, "Happiness with a long Piece of black Leader: Chris Marker's Sans soleil", Art History, vol. 30(5) (2007), p. 738-756
  • Chris Marker, best known for his 1962 film, La Jetée, released Sans Soleil in 1982. Sans Soleil migrates quickly between places, time spans and a continual collectomania of images by Marker and other cameramen. Sans Soleil's image repertoire is as fleeting as Marcel Proust's famous, evasive nibble of the scallop-shell shaped madeleine cake. This essay explores Marker's interest in the profoundness of Proustian memory. As Marker claims in his ‘sunless’ film: ‘I will have spent my life trying to understand the function of remembering, which is not the opposite of forgetting, but rather its lining. We do not remember, we rewrite memory much as history is rewritten.’
- Niki LAMBROS, "Chris Marker. The Hollow Men. Dazibao, Montréal. November 16 – December 14, 2006 (recension)", Ciel variable: art, photo, médias, culture, n° 75 (2007), p. 34
- Eli FRIEDLANDER, "La Jetée: regarding the gaze"Boundary, vol. 28(1) (2007), p. 75-90
- David MONTERO, "Film also ages: time and images in Chris Marker's Sans soleil"Studies in French Cinema, n° 6(2) (2006), p. 107-115
  • Considered today as a seminal and essential figure for an understanding of the implications of our visual culture, Chris Marker and his films have only recently received widespread critical attention. However, many aspects of his work in non-fiction still remain under-studied, most notably his complex reflections on the temporal nature of cinematic images and their (in)ability to recreate past events, aspects that are essential to Marker's understanding of cinema. Focusing on what is arguably his most important non-fiction film treating this theme, Sans soleil/Sunless (1982), and drawing on the work of thinkers such as Gilles Deleuze, this article examines the film-maker's ideas on time and cinematic representation, as well as the strategies used in the film to expose the profound range of philosophical meanings we have attached to film images over the last century. Central to Sans soleil is the space Marker terms The Zone, in which are found not only many of his insights into the possibility of using film as a valid document to access a contingent past, but also an original cinematic mechanism that attempts to restore to film images their own entity.
- Emmanuelle DYOTTE, "Déplacements. Pour une circulation de l’expérience : autour de Sans soleil de Chris Marker", Cinémas: revue d'études cinématographiques, vol. 17(1) (2006), p. 58-82
  • Le présent article propose de réexaminer le film Sans soleil (Chris Marker, 1982) sous l’angle de la position théorique mise en place par la figure du flâneur de Walter Benjamin, qui illustre l’expérience d’une pratique active de la mémoire à travers le déplacement dans l’espace. Cette relecture s’appuie sur des théories élaborées dans le champ de l’anthropologie contemporaine, dressant le portrait d’un nouveau rapport à l’espace, caractéristique de la situation politique occidentale actuelle. Cette situation met en place des possibilités de rencontres qui s’articulent sur une relation contingente à l’espace plutôt qu’au temps ou au récit, reconfigurant aussi le rapport à l’identité. Les images du film de Marker proposent une nouvelle expérience des espaces qui bouleverse notre regard souvent «touristique» sur le monde extérieur. L’étude de Sans soleil permet également d’aborder la notion de rencontre selon deux perspectives différentes. D’une part, le film aborde le problème du désir de rencontre et du constat de l’impossibilité de sa réalisation, thème qui se manifeste dans la relation de la narratrice et du voyageur Krasna. Mais, d’autre part, la rencontre est parfois représentée comme possible, certaines des images éparses qui composent le film donnant à voir des formes particulières de relations aux espaces, qui permettent d’établir un certain rapport avec ceux qui les habitent ou les ont habités. Ainsi, à la lumière des problématiques abordées par l’anthropologie contemporaine et de la figure du flâneur de Benjamin, le rapport à l’espace tel qu’il est représenté dans Sans soleil nous invite à repenser les notions d’expérience, de corps, de relation et d’identité.
- Marion FROGER, "De la fraternité. À propos des groupes Medvedkine", Cinémas: revue d'études cinématographiques, vol. 17(1) (2006), p. 118-143
  • Comment les films abordent-ils l’expérience fraternelle et comment en rendent-ils compte? À partir des réalisations des groupes Medvedkine (1967-1974), le présent article étudie les modes d’expression d’une sensibilité partagée par les principaux acteurs et réalisateurs des films, ainsi que par leurs publics critiques: du geste d’accueil cinématographique, en l’occurrence celui de Chris Marker envers Georges Beauregard dans À bientôt j’espère, à la forme réflexive des films, qui renvoie à la possibilité d’une expérience fraternelle à partir de l’expérience originaire de leur fabrication. Il s’agira de distinguer deux opérations filmiques: l’esthétisation de l’expérience d’une part, et sa «mythologisation» (Barthes) d’autre part. L’esthétisation désigne ici — en écho aux propositions de Dewey — une manifestation du geste artistique dans son produit. Les qualités par lesquelles une expérience se distingue d’un enchaînement d’événements ordinaires — par exemple l’expérience de faire une oeuvre — se manifestent dans la trace ou le produit de cette expérience, c’est-à-dire dans l’oeuvre. Si les films des groupes Medvedkine réactivent le motif de la fraternité, c’est donc grâce à des indices relationnels et à des formes de mise en abîme qui renvoient le spectateur non pas à la représentation directe de la «fraternité», mais aux liens de complicité qui se sont noués entre les intervenants. On montrera finalement que l’esthétisation de l’expérience originaire sert moins un discours de la fraternité qu’une praxis de solidarité qui affecte, par-delà les films, les praxis de perpétuation — d’un groupe Medvedkine à l’autre ou d’un film de Chris Marker à l’autre — aussi bien que les praxis de réception critique.
- André HABIB, "Impressions et figurations du visage dans quelques films de Chris Marker", Intermédialités, n° 8 (2006), p. 153-171
  • Le visage dans les œuvres de Chris Marker se présente comme l’objet d’une recherche sur l’image et sur la prégnance de la mémoire. Il est également le lieu d’un déchiffrement, s’offrant au regard tout en se dérobant sous des masques, entre les rets du temps. L’hypothèse de cet article est que le visage nous offre un fil de lecture pour aborder l’oeuvre de Marker: il y apparait comme une figure de médiation à part entière, qui en livre les promesses et les apories, les dissimulations et les instants de vérité.
- Andrzej PITRUS, "The foundation of memory: on Chris Marker's "Photo Roman” (Fundament pamieci - o "fotograficznej powiesci" Chrisa Markera)"Kwartalnik Filmowy, n° 54-55 (2006), p. 231-236
  • Pitrus examines the peculiar way in which Chris Marker "is constructing movement" in his La Jetée, the 1962 film telling a fictional science-fiction story. Marker is cited here as saying his film was a "photo roman", which were to point to the fact that the piece had much in common with literature and photography. Its dialogues are replaced by commentary, and the viewer has the impression that he is not watching a film but looking through a photo album. The story of the hero is made up of photos. The frames with stills - of which only one shot creates the illusion of a continuous movement - cause that the film spectator has the impression that he is watching things in motion. But as a matter of fact, he is only watching artificially "constructed movement", a dynamic whole the director built solely from stills depicting the successive phases of movement. Pitrus argues that the method allows Marker to perfectly render the condition of the hero who travels in time in his mind. Pitrus says that the represented world is deprived of a kinetic element because Marker wants to point to the literal and metaphorical stillness of the hero and to additionally emphasize the message of the film (the story of a nuclear apocalypse). In his concluding remarks, Pitrus points out that La Jetée is known as the inspiration for Terry Gilliam’s film 12 Monkeys (1995).
- Min J. LEE, Chris Marker's work from WW II to May 68 and beyond: shifting realities in time and image, s.l.: typescript, 2004 [Thèse soutenue à la Warwick University (UK), dont il n'existe pas d'édition commerciale à ce jour]
- Johanne VILLENEUVE, "La Fin du monde. A propos de Sans soleil de Chris Marker", Cinémas: revue d'études cinématographiques, vol. 13(3) (2003), p. 33-51
  • En 1982, le film Sans soleil, de Chris Marker, préfigurait les possibilités multimédiatiques d’oeuvres subséquentes — le film Level Five (1996) et le CD-ROM Immemory (1997). Marker y «invente», par le moyen du cinéma, un ordinateur personnel dont la visée est aussi utopique — au sens positif du terme — que mémorielle. La «zone» (ainsi nommée en hommage à Andreï Tarkovski) permet de transfigurer des images tournées à travers le monde; elle est la seule à pouvoir rendre compte de la mémoire comme de la fin d’un monde. Marker y dévoile la fonction rituelle du cinéma, alors que l’histoire se construit à force de catastrophes et de pertes. L’imaginaire de la fin se lie ici à la transformation matérielle et technologique des médiations. Ce double souci — celui d’une conscience de la perte et celui d’une espérance technologique — caractérise tout particulièrement ce film charnière dans l’oeuvre de Marker.
- Carolina FERRER, "L’évolution de la fin: de La Jetée à 12 Monkeys", Cinémas: revue d'études cinématographiques, vol. 13(3) (2003), p. 53-77
  • Plus de trente ans se sont écoulés entre la production de La Jetée (1962), de Chris Marker, et le film qu’elle a inspiré à Terry Gilliam, 12 Monkeys (1995). En comparant les deux productions, on peut observer que d’importants changements se sont opérés dans l’imaginaire contemporain: plutôt qu’une catastrophe nucléaire, c’est l’anéantissement provoqué par un fou solitaire qui menace le monde; la participation des personnages féminins est devenue plus active; la trame des événements dévoile une complexité croissante. Cependant, les voyageurs intertemporels des deux films expérimentent toujours un profond malaise devant une temporalité qui ne respecte pas les lois de la causalité.
- Alain J. J. COHEN, "12 Monkeys, Vertigo and La Jetée. Postmodern Mythologies and Cult Films", New Review of Film and Television Studies, n° 1(1) (novembre 2003), p. 149-164
  • In 12 Monkeys Terry Gilliam meditates upon Chris Marker's La Jetée just as Marker himself pays profound homage to a quasi‐metaphysical shot from Hitchcock's Vertigo. Therein Hitchcock's character Madeleine–Judy fleetingly feigns awe at the "oceanic feeling about existence" (so dear to Freud). Marker's masterful composition reprises and refracts as well the world of myths and mythologies propelled by a century of cinema. We may imagine Lévi‐Strauss deconstructing the world of cinema as it crystallizes therein the postmodern mythologies by which we are presently haunted. Which films touch upon a deeper structure of reality? Why do some films become evanescent whilst others endure? For whom? How? Which films become emblematic of a given culture? Or how do we account for the contagious effect of such works upon all the other films and dreams of such a culture? Perhaps a methodical analysis of the interweave between these films may point us in this direction.
- Chris DARKE, "Eyesight", Film Comment, vol. 39(3) (may-june 2003), p. 48-50
  • Darke features the film-essays Letter from Siberia and La Jetee directed by Chris Marker. Both films portray a man marked by an image from his childhood.
- Michael WALSH, "Chris Marker's A Grin without a Cat  (1993, France) (review)", The Moving Image, n° 3(1) (2003), p. 167-170
- Johanne VILLENEUVE, "L’Ordinateur de Chris Marker. Mélancolie et intermédialité", Protée, n° 28(3) (2000), p. 7-12
  • Cet article est une contribution à la définition de l’intermédialité. Dans un premier temps, il décrit les médiations modernes d’après leur caractère paradoxal: le fait que l’effacement du médium soit compris, par exemple, comme le signe même de son efficacité. Dans ce contexte, on peut considérer l’intermédialité comme une certaine dramatisation du paradoxe de la médiation, au sens où l’intermédialité serait la figure de la médiation dans la médiation même. Dans un second temps, cet article se porte vers le film de Chris Marker, Level Five, qu’il désigne comme un locus où cette figure peut être déployée depuis la médiation des morts, la mélancolie et les catastrophes du XXe siècle – une mélancolie plus proche néanmoins des anciennes conceptions des humeurs (Aristote) que des ruines romantiques.
- Timothy MURRAY, "Wounds of Repetition in the Age of the Digital: Chris Marker's Cinematic Ghosts", Cultural Critique, vol. 46 (Fall 2000), p. 102-123
- Maureen TURIM, "Virtual discourses of history: Collage, narrative or documents in Chris Marker's Level 5"The Journal of Twentieth-Century/Contemporary French Studies, vol. 4(2) (2000), p. 367-383
- Harry Alexander WILLIAMSON, The Essay, the Time-Image, and the Double: a Study of the Films of Chris Marker, Corelaine (UK):  University of Ulster, 2000, p. n/a [Thèse soutenue à la University of Ulster de Belfast, dont il n'existe pas d'édition commerciale à ce jour]​
- Geneviève Van CAUWENBERGE. Chris Marker and French Documentary Filmmaking: 1962-1982. Unpublished doctoral thesis, New York University, ​New York, ​​Etats-Unis, 1992, p. n/a
- Wilhelm ROTH, "Ein grosser Aussenseiter: Chris Marker", Die Tat, Wochenendausgabe (CH), n° 65 (18/03/1967), p. 17

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Emissions de radio sur Chris Marker

On peut, en parcourant les sites des radios sur le Web, découvrir des émissions consacrées à l'oeuvre de Chris Marker.
Nous proposons ici les principales parues sur les ondes européennes.

  • "Wenn ich vier Dromedare hätte" _ "Si j'avais quatre dromadaires", le 30 juillet 2012, dans la section Diary, sur le site d'Ulrike Haage (en allemand).
  • "Chris Marker (1921-2012)", le 1er décembre 2012, dans l'émission de Matthieu Garrigou-Lagrange "Une vie, une oeuvre", sur France culture. Avec Claude Lanzmann, écrivain, cinéaste, Régis Debray, écrivain, essayiste, Raymond Bellour, historien du cinéma, Arnaud Lambert, cinéaste, auteur de Also known as Chris Marker, Bruno Muel, cameraman, Eric Marty, écrivain, professeur de littérature contemporaine à Paris VII, et Edouard Waintrop, directeur de la Quinzaine des réalisateurs.
  • "Cinéma: le Passé et le joli mai", le 28 mai 2013, dans l'émission d'Arnaud Laporte "La Dispute", sur France culture. Avec Charlotte Garson des Cahiers du cinéma, Alain Spira de Paris Match et Emmanuel Burdeau de Mediapart.
  • "Des histoires dans l'art", le 20 octobre 2013, dans l'émission de David Collin "Le Labo", sur Espace 2 (RTS), avec Raymond Bellour, critique d'art et de cinéma et Samuel Herzog, critique d'art et démiurge.
  • "La Chronique de mercredi" de Jean-Marc LALANNE met à son programme l'exposition rétrospective Chris MARKER au Centre Pompidou à Paris, le 23 octobre 2013, dans l'émission "RenDez-Vous" de France Culture.
  • Emission "Projection privée" de Michel Ciment du 26 octobre 2013, sur France culture, avec Laurent Aknin, de la revue Avant-Scène Cinéma, Jacques Kermabon, de la revue Bref, Vincent Amiel, de la revue Positif, et Bamchade Pourvali, de la revue Vertigo. Chacun des numéros d'octobre de ses revues est consacré à Chris Marker.
  • "Planète Marker", le 26 octobre 2013, dans l'émission d'Elisabeth Lequeret et Sophie Torlotin "Tous les cinémas du monde", sur RFI.
  • "Rouge", le 30 octobre 2013, dans l'émisssion de Marie Richeux "Pas la peine de crier" sur France culture.
  • "Chris Marker: de Quand le siècle a pris forme à Gorgomancy, au Centre Georges Pompidou. Et quelques films en salles." par Jean-Marc Lalanne, le 03 novembre 2013, dans l'émission de Jérôme Garcin "Le Masque et la plume", sur France inter.
  • "Magic Marker", le 04 novembre 2013, dans l'émission "Extérieur nuit", sur Radio Campus Paris.
  • "Galaxie Marker", le jeudi 07 novembre 2013, dans l'émission Cinéma Song de Thierry Jousse, sur France Musique (accessible jusqu'au 04 août 2016). Avec Etienne Sandrin, co-programmateur de "Planète Marker" au Centre Georges Pompidou, Maroussia Vossen, danseuse et chorégraphe, fille adoptive de Chris Marker, et Rainier Lericolais, plasticien et musicien.


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